Vidéo de L214 en Dordogne : des veaux abattus sans étourdissement, encore conscients

L'association L214 dénonce également des cadences d'abattage importantes et l'élevage intensif des veaux en Dordogne.

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Radio France
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L'association L214 dénonce les conditions d'abattage des veaux dans un abattoir de Dordogne. (ASSOCIATION L214)

L'association de défense animale L214 dévoile jeudi 20 février une nouvelle enquête sur un abattoir industriel de veaux situé en Dordogne qu'elle accuse "de multiples violations de la loi, concernant tout autant l'abattage rituel que l'abattage standard". "Dans cet abattoir, 3 400 veaux sont tués chaque semaine, à une cadence d'environ 90 veaux à l'heure", explique L214 dans un communiqué. L'association va porter plainte pour cruauté envers des animaux et demande au procureur de la République de Périgueux la fermeture d’urgence de l’abattoir, "qui présente de graves problèmes structurels et des pratiques d’abattage grandement déficientes".

Une viande certifiée bio et Label Rouge

Ces images, que dévoile ce jeudi franceinfo, ont été tournées en novembre et décembre 2019, dans l'abattoir Sobeval, appartenant au groupe néerlandais Van Drie. Sa viande est certifiée Label Rouge, bio, Saveurs du Périgord et Le veau du boucher.

Selon l'association L214, dans l'abattoir Sobeval en Dordogne, les veaux seraient régulièrement abattus sans étourdissement. (ASSOCIATION L214)

"Concernant les abattages casher et halal, la plupart des veaux sont tués sans étourdissement", dénonce L214, assurant que l'abattoir Sobeval ne met pas en place de contrôle systématique de la perte de conscience des veaux et que "l'étourdissement d'urgence imposé par la règlementation n'est quasiment jamais pratiqué". "De nombreux veaux présentent des signes de conscience et/ou de sensibilité avant et après avoir été suspendus à la chaîne d’abattage", précise l'association. "Il arrive que des veaux soient saignés en position debout sans être immobilisés, ce qui accentue grandement leurs souffrances", ajoute L214. L'association indique que "de nombreux animaux vomissent le contenu de leur estomac par leur œsophage sectionné".

Des cadences d'abattage très élevées

L214 pointe également du doigt la cadence d'abattage de l'abattoir Sobeval. Une cadence facilitée, selon elle, par l'utilisation d'un "pistolet d’étourdissement de type "pneumatique" qui n’a pas besoin d’être rechargé entre chaque animal". Mais pour L214, "contrairement à l’obligation réglementaire, à l’abattoir Sobeval la tête des veaux n’est jamais immobilisée au moment de leur étourdissement". "De nombreux tirs mal ajustés doivent être répétés, blessant les animaux sans les rendre inconscients", affirme l'association. "Les contrôles de l’inconscience et de l’insensibilité des animaux étant quasi inexistants, de nombreux veaux reprennent conscience au moment de leur saignée", assure L214.

Peu d'espace de vie

L’enquête de L214 dénonce également des élevages intensifs en Dordogne, "encouragés par le groupe Van Drie". "Les veaux sont entassés par centaines dans des bâtiments fermés, chacun ayant pour seul espace une cage individuelle de 80 cm de large par 150 cm de long les huit premières semaines de leur vie", précise L214. L'association affirme que ces veaux "sont engraissés en groupe, dans des enclos au sol dur, sans paille, sans jamais d’accès à l’extérieur". "Pour supporter ces conditions d'élevage, ils reçoivent nombre de produits médicamenteux, dont des antibiotiques et certains sont périmés", affirme l'association dans son communiqué.

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