L'association L214 condamnée pour avoir filmé des employés dans un abattoir des Pyrénées-Atlantiques

L'association, également poursuivie pour la diffusion des images, a en revanche été relaxée de cette accusation.

Les représentants de l\'association L214, dans le tribunal correctionnel de Pau (Pyrénées-Atlantiques), le 17 septembre 2018.
Les représentants de l'association L214, dans le tribunal correctionnel de Pau (Pyrénées-Atlantiques), le 17 septembre 2018. (IROZ GAIZKA / AFP)

L'association L214, qui avait dénoncé des maltraitances animales avec des images clandestines filmées dans l'abattoir de Mauléon (Pyrénées-Atlantiques), a été condamnée, lundi 18 novembre, par le tribunal correctionnel de Pau pour complicité dans l'enregistrement des images des employés. 

L214 a été condamnée pour "complicité d'atteinte à la vie privée" car elle avait fourni les caméras à une tierce personne, dont l'anonymat a été préservé, pour filmer l'intérieur des locaux. Elle devra verser une amende de 5 000 euros et 1 500 euros de dommages et intérêts à trois employés de l'abattoir qui avaient porté plainte après la diffusion des images les mettant en scène sur leur lieu de travail. L'association était également poursuivie pour la diffusion des images. Mais elle a été relaxée de cette accusation.

L'association va faire appel

"On ne peut qu'être satisfait du principe de la condamnation", a affirmé, à l'AFP, Antoine Tugas, l'avocat des trois salariés, "ce qui importait, c'est que les salariés ne soient pas identifiés seulement comme des coupables dans ce dossier, mais aussi comme des victimes. Cette condamnation dit que la fin ne justifie pas tous les moyens, il faut s'assigner des limites."

"Cette condamnation est surprenante et inquiétante", a en revanche commenté Brigitte Gothière, présidente de L214, auprès de l'AFP, "on a toujours dénoncé la responsabilité sociale et collective, sans dévoiler les identités des travailleurs. C'est une histoire de système, pas de personnes." L'association a annoncé son intention de faire appel, "on ne va rien lâcher, on va continuer à témoigner", dit-elle.

A la suite de la diffusion des images de maltraitance en mars 2016, l'ancien directeur de l'établissement et quatre salariés avaient été condamnés, le 29 octobre 2018, à des peines allant de six mois de prison avec sursis à des amendes, de 80 à 910 euros, pour "tromperie" et "maltraitance animale".