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L'ONG WWF dénonce "l'agonie" de Flucker, une baleine sans queue blessée par l'Homme

Depuis moins d'un an, le rorqual a perdu sa queue, après probablement "une collision avec un navire ou un enchevêtrement dans un filet". 

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France Télévisions
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Le rorqual Fluker, amputé de sa queue, photographié dans le sanctuaire marin Pelagos, zone protégée créée entre l'Italie, la France et Monaco.  (ALEXIS ROSENFELD)

"Elle est dans un état de maigreur terrible" : l'ONG WWF a attiré l'attention, vendredi 24 juillet, sur l'"agonie" en Méditerranée d'une baleine amputée de sa queue. Ce rorqual commun baptisé Fluker est connu depuis des années par les experts du sanctuaire marin Pelagos, zone protégée créée entre l'Italie, la France et Monaco. Il était en effet déjà reconnaissable à sa nageoire caudale ("fluke" en anglais) à demi amputée.

Mais depuis moins d'un an, la baleine a perdu le reste de sa queue, après probablement "une collision avec un navire ou un enchevêtrement dans un filet", selon le sanctuaire Pelagos. Le cétacé, aperçu plusieurs fois dans la zone ces dernières semaines au point que les autorités ont appelé les plaisanciers à ne pas l'approcher, a été filmé par une équipe du WWF à bord de son bateau Blue Panda et photographié par Alexis Rosenfeld, qui poste les clichés sur Instagram et Twitter. 

"Elle est dans un état de maigreur terrible, on sentait qu'elle avait du mal à se déplacer", indique Arnaud Gauffier, directeur des programmes de l'ONG. Le rorqual commun, deuxième plus gros animal au monde après la baleine bleue, utilise sa queue pour se propulser et se nourrit notamment de krill (petites crevettes) en filtrant l'eau quand il nage. Aujourd'hui, Fluker "peut plonger et se nourrir mais beaucoup plus difficilement que normalement, c'est ce qui explique sa maigreur", souligne Arnaud Gauffier.

10 à 40 rorquals sont tués chaque année dans cette zone

Fin juin, le sanctuaire Pelagos avait déjà confirmé la présence du rorqual, qui semblait "amaigri" et présentait "de nombreux parasites". A cette époque "Fluker parvenait à se déplacer (environ 100 km par jour), à plonger et se nourrir, bien que difficilement. Cet individu, qui a étonné la communauté scientifique pour ses capacités d'adaptation, avait toutefois une chance de survie très faible", explique le sanctuaire.

"Ce qui est surtout choquant, c'est le fait que des activités humaines aient pu la mettre dans cet état là", insiste Arnaud Gauffier, qui réclame la mise en place d'une "zone maritime particulièrement vulnérable" en Méditerranée nord-occidentale, très fréquentée. Cela permettrait notamment de limiter la vitesse des navires, et ainsi le risque de collision mortelle avec les cétacés, alors que 10 à 40 rorquals communs sont tués chaque année de cette façon dans le sanctuaire Pelagos. WWF plaide aussi pour le déploiement de systèmes anti-collision et la mise en place de politiques pour lutter contre les filets de pêche "fantôme".

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