Vidéo Violences conjugales : "J'ai déposé cinq plaintes, à la quatrième plainte on m'a dit : 'Vous n'en avez pas marre de venir ?'"

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Envoyé spécial / France 2
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Comment reprendre une vie normale après avoir quitté un conjoint violent ? Alison, 31 ans, s'est confiée à "Envoyé spécial". Ses multiples plaintes au commissariat semblent n'avoir eu aucun effet sur le comportement de son ancien compagnon, qui continue à la harceler. 

Alison, 31 ans, a passé trois ans avec un homme violent. Après la séparation, elle raconte que le harcèlement, les violences et les menaces auraient continué, car l'homme aurait pris l'habitude de la suivre partout. Depuis que son ex-conjoint a été libéré de détention provisoire, elle vit les volets fermés et sort le moins possible.

Dans cet extrait d'"Envoyé spécial", Alison fait lecture d'un procès-verbal de plainte. Elle y relate les coups, les insultes, et termine par ces phrases : "J'ai déposé plainte plusieurs fois contre lui pour les mêmes faits, mais pour le moment, il n'y a pas de mesure d'éloignement contre lui. J'ai peur pour ma vie et celle de mes enfants."

La plainte suivante, Alison l'a déposée après avoir reçu 137 appels téléphoniques et des menaces de mort. Le procès-verbal tient en quelques lignes. "Franchement, ils n'avaient pas envie de m'écouter, ce jour-là", constate la jeune femme. 

J'ai dit : "J'aimerais bien avoir une ordonnance de protection." On m'a dit : "Mais vous ne l'aurez jamais ! Ça peut prendre des années ! Et ensuite, si vous n'êtes pas contente, vous faites comme les autres : vous prenez vos gosses sous le bras et vous allez voir si l'herbe est plus verte ailleurs."

Alison, rapportant des propos qui lui auraient été tenus au commissariat

dans "Envoyé spécial"

Si l'accueil des victimes de violences conjugales reste souvent à améliorer, la procédure, dans le cas d'Alison, aurait jusqu'à présent été sans effet – voire contre-productive. "A chaque fois que j'ai déposé plainte, explique-t-elle (il a été convoqué presque à chaque fois, donc il le sait), il se sent plus fort, et moi, je me sens plus en danger, puisque je vois qu'à chaque fois que je dénonce, il ne se passe rien. Et je prends un risque en le dénonçant, parce que lui, il sait que je l'ai dénoncé."

Rapidement relâché après chaque convocation au commissariat, l'homme n'hésiterait pas, affirme Alison, à venir le jour même devant chez elle ou à lui téléphoner pour lui dire : "Tu vois, ça sert à rien ce que tu fais, je suis dehors." 

Extrait de "Des femmes sous la menace", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 6 janvier 2022.

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