Le profil des mineures prostituées de Seine-Saint-Denis passé au crible pour "mieux les protéger"

franceinfo vous révèle l'étude publiée mardi par l'Observatoire des violences envers les femmes en Seine-Saint-Denis. On y apprend par exemple qu'une mineure prostituée sur trois est âgée de 13 à 15 ans.

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(image d'illustration) (REMI WAFFLART / MAXPPP)

Environ 6 000 à 10 000 mineurs seraient prostitués en France, dont une grande majorité de filles entre 13 et 16 ans, selon les pouvoirs publics et plusieurs associations qui se battent contre l’exploitation sexuelle des enfants. En Seine-Saint-Denis, pour mieux les protéger, l'Observatoire des violences envers les femmes a mené une étude que franceinfo vous révèle mardi 12 novembre. 

Ce phénomène prend de l’ampleur, notamment, dans les cités. L’objectif de cette étude, menée avec le tribunal de grande instance de Bobigny et la Cellule de recueil des informations préoccupantes du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis, est donc de "mieux connaître" leur parcours de vie et ce qui les conduit à la prostitution, pour "mieux les protéger" ou mieux prévenir ce phénomène en plein essor en France.

Les jeunes filles isolées "proies" des proxénètes 

L’Observatoire a étudié le profil d’une soixantaine de mineurs, essentiellement des jeunes filles. Une mineure prostituée sur trois est âgée de 13 à 15 ans. Généralement en rupture familiale, elles ont subi, pour la plupart, dans leur enfance, des violences physiques, psychiques ou sexuelles. Elles étaient en très grande majorité en échec scolaire, voire déscolarisées et une sur trois fuguait régulièrement, avant de se prostituer.

Une fois sur deux, ces "proies" sont repérées par des proxénètes de cité sur les réseaux sociaux (50%) notamment Instagram ou Snapchat. Cette étude révèle également que 40% des jeunes filles se retrouvent, à leur insu, dans des situations dégradantes ou humiliantes sur les réseaux sociaux.

40 000 prostituées adultes entrées en prostitution lors de leur minorité

L'Observatoire des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis préconise ainsi une meilleure formation des professionnels, des structures plus adaptées pour les accueillir, ainsi qu'une surveillance accrue des réseaux sociaux, via des cyberpatrouilles spécialement dédiées à la lutte contre ce phénomène.