Vidéo La notion de pardon selon Claire Larroque, docteure en philosophie

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Claire Larroque, docteure en philosophie et fondatrice du projet “Le temps de la philosophie” explique la notion du pardon au quotidien mais aussi sur les réseaux sociaux, qui peuvent parfois altérer cet acte.
VIDEO. La notion de pardon selon Claire Larroque, docteure en philosophie Claire Larroque, docteure en philosophie et fondatrice du projet “Le temps de la philosophie” explique la notion du pardon au quotidien mais aussi sur les réseaux sociaux, qui peuvent parfois altérer cet acte. (Brut.)
Article rédigé par Brut.
France Télévisions
Claire Larroque, docteure en philosophie et fondatrice du projet “Le temps de la philosophie” explique la notion du pardon au quotidien mais aussi sur les réseaux sociaux, qui peuvent parfois altérer cet acte.

On n’a jamais autant parlé de pardon et, paradoxalement, on n'a jamais autant été dans l'incapacité de pardonner”. Pour la docteure Claire Larroque, le pardon est un double mouvement, qui consiste à voir dans l’autre son humanité et d’envisager qu’une vie ensemble est possible malgré sa faute commise. Mais c'est aussi chercher sa propre humanité et sa faillibilité. À l’ère des réseaux sociaux, cet acte du pardon semble paraître plus facile. Pourtant, la dématérialisation des corps peut impacter le pardon, par manque de cadre favorable à la demande. 

“Le pardon est un terme très flou”

Pour Claire Larroque, les réseaux sociaux sont une “formidable fenêtre de discussion” mais aussi le témoin d’un “déferlement de haine où la victime va être dans l'incapacité d'être pardonnée. On voit qu'il y a énormément de réactions très émotives, très fortes, et on est dans quelque chose de très réactif. Alors que la question du pardon, elle nécessite un temps qui est beaucoup plus long”. Claire Larroque confie qu’aujourd’hui, il y a cette difficulté de ne plus faire la différence entre ce qui peut être excusable, pardonnable et ce qui ne l’est pas. “Ce sont des termes très flous et on le mélange aussi avec ce qui peut être de l'ordre du terme juridique, c'est-à-dire inexpiable, imprescriptible”. En ce sens, la docteure affirme qu’une personne offensée peut vouloir replacer cet acte devant la justice. Or, il existe, en France, la liberté d’expression avec la liberté d’offenser. 


Dans le pardon, on retrouve aussi une forte connotation religieuse. “Il peut y avoir quelque chose de l'ordre du sublime ou du sacré, qui fait peut-être écho à cette dimension religieuse du pardon”. Le philosophe Vladimir Jankélévitch s’est justement emparé de cette notion de pardon après l’l'horreur de la Shoah et la Seconde Guerre mondiale. “Il y a une folie du pardon. Je ne vais pas être dans quelque chose qui va essayer de comprendre pourquoi il y a eu six millions de juifs tués par les nazis, c'est inexcusable, c'est imprescriptible, c'est inexpiable, mais il peut y avoir là du pardon et se dire que c'est justement parce qu'il y a d'inexpiable qu'il peut y avoir du pardon”.

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