Ce qu'il faut retenir des annonces d'Emmanuel Macron sur "le séparatisme islamiste"

Afin d'éviter des prêches non conformes aux lois de la République, la France cessera par exemple d'accueillir des "imams détachés".

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Emmanuel Macron, mardi 18 février 2020 à Mulhouse (Haut-Rhin). (JEAN-FRANCOIS BADIAS / POOL / AFP)

Lutter contre le "séparatisme islamiste", sans faire "un plan contre l'islam".  Emmanuel Macron a annoncé mardi 18 février une série de mesures contre les "influences étrangères" sur l'islam en France, allant des imams étrangers au financement des mosquées.

Pour exposer sa doctrine sur ce sujet sensible, à un mois des municipales, le chef de l'Etat a passé la journée à Bourtzwiller, un quartier populaire de Mulhouse (Haut-Rhin), l'un des quinze territoires faisant l'objet d'une lutte coordonnée contre le repli islamique. Franceinfo revient sur les trois annonces à retenir de cette intervention.

La fin du système des "imams détachés"

Afin d'éviter des prêches non conformes aux lois de la République, la France cessera d'accueillir des "imams détachés" envoyés par d'autres pays, comme la Turquie et l'Algérie, en augmentant parallèlement le nombre d'imams formés en France. Ceux déjà en France termineront "leur période de présence", a précisé Emmanuel Macron. Sera également mis fin à l'accueil des quelques trois cents "psalmodieurs" reçus chaque année durant le ramadan.

Davantage de contrôle sur le financement étranger de mosquées

Le président a aussi annoncé un contrôle renforcé des financements étrangers des lieux de culte, pour pouvoir bloquer des projets suspects. "Nous devons savoir d'où vient l'argent, qui le touche et pour quoi faire", a-t-il lancé.

Il s'est d'ailleurs interrogé sur les finalités de l'immense mosquée An-Nour à Mulhouse et de son complexe comprenant piscine, écoles et commerces, financés en grande partie par une ONG du Qatar. Un chantier actuellement bloqué pour enquête.

La fin des enseignements en langues étrangères Elco

Autre annonce, la disparition prochaine du dispositif de cours facultatifs en langues étrangères dispensés par des enseignants désignés par les gouvernements d'autres pays. Ces Elco (enseignements en langues et cultures étrangères) concernent neuf pays (Algérie, Croatie, Espagne, Italie, Maroc, Portugal, Serbie, Tunisie et Turquie) et "80 000 élèves" par an, a indiqué le chef de l'Etat.

"Je ne suis pas à l'aise à l'idée d'avoir dans l'école de la République des femmes et des hommes qui peuvent enseigner sans que l'Education nationale ne puisse exercer le moindre contrôle. Et nous n'avons pas non plus le contrôle sur les programmes qu'ils enseignent", a-t-il ajouté. "On ne peut pas enseigner des choses qui ne sont manifestement pas compatibles ou avec les lois de la République ou avec l'histoire telle que nous la voyons", selon lui.

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