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Pédocriminalité dans l'Eglise : trois personnalités appellent à la "démission collective des évêques" catholiques

Christine Pedotti, de "Témoignage chrétien", la théologienne Anne Soupa et le cofondateur de l'association de victimes La Parole libérée, François Devaux,  estiment que "le rapport de la Ciase met en lumière une véritable faillite".

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France Télévisions
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Une fidèle catholique dans la cathédrale de Bayeux (Calvados), le 10 août 2021.  (STEPHANE DUPRAT / HANS LUCAS / AFP)

Après le choc et les révélations, ils veulent poser les premières pierres de "l'Eglise d'après". Trois personnalités, dont le cofondateur de l'association de victimes La Parole libérée François Devaux, lancent un appel, lundi 11 octobre, à la "démission collective" des évêques, après les conclusions de la commission Sauvé sur la pédocriminalité dans l'Eglise catholique. 

Cet appel intitulé "Face à la faillite, la démission des évêques est la seule issue honorable", est également lancé par la théologienne Anne Soupa et la directrice de la rédaction de Témoignage chrétien, Christine Pedotti.

Il intervient six jours après la publication des travaux de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Eglise (Ciase), qui a estimé à 216 000 le nombre de personnes victimes d'un prêtre ou d'un religieux en France depuis les années 1950, voire 330 000 si l'on ajoute les agresseurs laïcs en lien avec les institutions de l'Eglise.

"Comme un signe d'espoir et de renouveau"

"Nous demandons, comme un signe d'espoir et de renouveau, la démission collective de l'ensemble des évêques en exercice", lancent les signataires. "Bien plus que des défaillances, le rapport de la Ciase met en lumière une véritable faillite", estiment Christine Pedotti, Anne Soupa et François Devaux. Selon eux, "n'importe quelle organisation, association, entreprise en tirerait les conséquences qui s'imposent : se défaire de ses dirigeants". Ainsi, selon eux, la démission des un peu moins de 120 évêques que compte la France "est le seul geste à la mesure de la catastrophe et de la perte de confiance dans laquelle nous sommes".

Tous trois font valoir que "dans l'Eglise catholique, des précédents existent : les évêques du Chili ont remis leur démission collective au pape François après qu'une gigantesque affaire de pédocriminalité a été dévoilée. En Allemagne, le cardinal Marx, archevêque de Munich, a lui aussi présenté sa démission au pape au nom de la responsabilité qu'il considérait porter au regard des abus sexuels, bien que lui-même n'ait pas failli."

Estimant que si tous les évêques français "ne sont pas coupables, tous sont responsables", ils suggèrent au pape François de nommer comme "légat" (représentant officiel du pape) Véronique Margron, présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France (Corref), en attendant de travailler à "l'Eglise d'après".

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