Islam : le Conseil français du culte musulman "a vécu", selon Gérald Darmanin

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Le ministre de l'Intérieur et des Cultes, Gérald Darmanin, acte la fin du CFCM et assure qu'il "y aura autre chose" à la place. "C'est la fin de l'influence étrangère par l'islam en France".

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) "a vécu", a déclaré Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, également chargé des Cultes, jeudi 20 janvier sur franceinfo. Le président sortant du CFCM, Mohammed Moussaoui, souhaite que cette instance, principal interlocuteur des pouvoirs publics depuis 2003 et aujourd'hui profondément divisée, soit dissoute lors d'une assemblée générale, fixée au 19 février. Son mandat s'est achevé mercredi sans qu'aucun accord pour lui trouver un successeur, même par intérim, ne soit trouvé.

"Je pense qu'il [le CFCM] a essayé de faire quelque chose de positif, a estimé le ministre de l'Intérieur. Aujourd'hui, ce n'est plus possible." "Le Conseil du culte musulman a été créé pour essayer de structurer l'islam de France. Il a été à l'époque structuré autour de fédérations nationales : les Algériens, les Marocains, les Tunisiens, les Comoriens, les Turcs". C'est cette forme d'"islam consulaire", avec des fédérations de mosquées affiliées à des pays (Algérie, Maroc, Turquie), qui "n'est plus acceptable", estime Gérald Darmanin.

"Aujourd'hui, nous constatons des ingérences extrêmement fortes des États étrangers et nous ne pouvons pas accepter cela."

Gérald Darmanin

franceinfo

Désormais, "il n'y aura plus, nous l'espérons, de CFCM", a-t-il souhaité, tout en rappelant que "c'est une association indépendante". "Il y aura autre chose", a poursuivi Gérald Darmanin, pour qui "c'est la fin de l'influence étrangère par l'islam en France". Il confirme qu'un "Forum de l'islam de France" (Forif) doit se tenir "début février". "Il y aura des femmes, assure Gérald Darmanin, parce qu'aujourd'hui, il y a des imams femmes ou des responsables religieux femmes de l'Islam, qui ne sont jamais représentés au CFCM", mais aussi "des responsables associatifs qui ne se sentaient pas représentés dans l'islam institutionnel et consulaire".

"Nous invitons tous ceux qui souhaitent organiser l'islam [en France] à l'organiser", a-t-il insisté, en indiquant dans le même temps que "ce n'est pas à l'Etat de le faire". "Nous souhaitons permettre les moyens de cette organisation pour les aumôneries, pour regarder les actes antireligieux, pour la constitution des imams dans chacune des mosquées, pour lutter contre le séparatisme."

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