Islam : le CFCM accepte la création d'un conseil national des imams, demandé par Emmanuel Macron

Le président de la République a également demandé aux différentes fédérations qui composent le CFCM de rédiger "une charte des valeurs républicaines" à laquelle ils devront adhérer.

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France Télévisions
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Le président du CFCM, Mohammed Moussaoui, lors d'un hommage aux combattants musulmans morts pour la France lors de la Première Guerre mondiale à Fleury-devant-Douaumont (Meuse), le 29 juillet 2020. (MAXPPP)

Les dirigeants du Conseil français du culte musulman (CFCM) ont accepté le principe de la création d'un conseil national des imams, chargé de labelliser les imams de France, et ont présenté ses grandes lignes à Emmanuel Macron, mercredi 18 novembre, a annoncé l'Elysée.

S'il est aujourd'hui possible de s'autoproclamer imam, le projet de conseil des imams prévoit qu'il leur délivre un agrément et une carte officielle, qui pourront être retirés en cas de manquement au code éthique que l'instance devra élaborer, et à la "charte des valeurs républicaines" sur laquelle le CFCM devra s'engager.

L'objectif de créer une instance de labellisation des imams avait été confié par Emmanuel Macron au CFCM le 2 octobre, lors de son discours sur le "séparatisme" islamiste, avant que la France soit frappée par plusieurs attentats, dont l'assassinat de Samuel Paty.

Des niveaux de connaissance exigés des imams

Le CFCM doit mettre en œuvre un référentiel de formation des imams, dans les six mois à venir. En fonction de leur rôle – imams dirigeant la prière, imams prêcheurs et imams conférenciers –, il leur sera demandé différents niveaux de connaissance du français et de diplômes, allant jusqu'à des formations universitaires, indique l'Elysée. Et les imams actuels devront aussi entrer dans ce modèle.

Un projet de loi sur le sujet doit être présenté le 9 décembre en Conseil des ministres, indique la présidence.

Une charte que les fédérations devront accepter

Le chef de l'Etat a également demandé au CFCM de rédiger, d'ici quinze jours et en lien avec le ministère de l'Intérieur, une "charte des valeurs républicaines", sur laquelle il devra s'engager, tout comme les neuf fédérations qui le composent.

Le texte devra, explique l'Elysée, affirmer la reconnaissance des valeurs de la République, préciser que l'islam en France est une religion et pas un mouvement politique, et stipuler la fin de l'ingérence ou de l'affiliation à des Etats étrangers. La présidence espère mettre fin, d'ici quatre ans, à la présence en France des 300 imams étrangers "détachés" par la Turquie, le Maroc et l'Algérie.

Recevant les dirigeants de huit des neuf fédérations qui composent le CFCM – le dernier étant absent pour des raisons personnelles –, Emmanuel Macron a accusé trois d'entre elles (dont Musulmans de France et le Milli Görüs) de ne pas avoir "une vision républicaine" et les a appelées à "sortir de ces ambiguïtés", menaçant de "tirer les conséquences" d'un éventuel refus de signer la charte.

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