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Conditions insalubres de détention à la prison de Seysses : le ministère de la Justice à nouveau sommé de s'expliquer devant un tribunal

L'Observatoire international des prisons et l'Ordre des avocats de Toulouse ont saisi la justice pour dénoncer les conditions d'incarcération des détenus, qui vivent dans des conditions insalubres, au milieu des cafards. C'est la deuxième fois en deux ans.

Article rédigé par franceinfo, Mathilde Lemaire
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Plus d'un millier de détenus sont incarcerés à la maison d'arrêt de Seysses, près de Toulouse, prévue pour 600 personnes. (THIERRY BORDAS  / MAXPPP)

Manque d'intimité, cafards, surpopulation, accès aux soins très compliqués et surtout une situation qui ne s'améliore pas : le ministère de la Justice est à nouveau sommé de s'expliquer devant un tribunal concernant les conditions de détention dans une de ses prisons, celle de Seysses, près de Toulouse.

En octobre 2021 déjà, le ministère avait reçu l'injonction d'améliorer une situation indigne dans cette maison d'arrêt. Selon l'Observatoire international des prisons et l'Ordre des avocats de Toulouse, quasiment rien n'a évolué en 18 mois. Ces deux entités ont donc de nouveau saisi le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse. Une audience est prévue mardi 26 juillet à 10 heures.

"Suite à la visite de la prison de Toulouse-Seysses du bâtonnier de Toulouse en mai dernier, l'OIP et l'Ordre des Avocats de Toulouse saisissent de nouveau le Tribunal administratif pour dénoncer des conditions de détention indignes", a fait savoir l'Ordre des avocats de Toulouse sur Twitter.

En effet, les détenus, qui sont plus d'un millier pour 600 places, se plaignent. Et lors d'une visite inopinée dans cette maison d'arrêt comme il en a le droit, le bâtonnier de Toulouse a constaté lui aussi que les mesures urgentes d'amélioration que devait apporter le ministère de la Justice n'ont pratiquement pas été mises en oeuvre.

Trois occupants dans 11m²

Les améliorations sont maigres : un coup de peinture et le rétablissement des deux promenades quotidiennes pour les prisonniers. Mais les cafards prolifèrent toujours à l'intérieur de la prison, si bien que les prisonniers doivent dormir avec du papier toilette dans les oreilles pour que les insectes n'y entrent pas. Faute de places suffisantes, les détenus dorment parfois sur des matelas au sol, ils sont régulièrement trois occupants dans des cellules de moins de onze mètres carré.

"Le juge des référés avait ordonné le cloisonnement des toilettes du reste de la cellule, rapporte Me Julien Brel, avocat de l'Observatoire international des prisons  et de l'Ordre des avocats du barreau de Toulouse. Ce qui a été constaté, c'est qu'il y a des rideaux de douche qui ont été mis. Des rideaux de douche, ce n'est pas de nature à assurer de l'intimité." L'avocat poursuit : "Deuxième exemple, les toilettes de la cour de promenade sont toujours dans un état répugnant !"

Le principe de la privation de liberté, ce n'est la privation du droit à la dignité.

Me Julien Brel, avocat

Ces problèmes ont déjà été critiqués par la justice, sans effet, fustige-t-il : "Le ministère de la Justice a été sanctionné, condamné, et derrière il n'exécute pas l'ordonnance qui a été rendue au nom du peuple français !"

L'avocat espère désormais que le juge fixera un délai au ministère de la Justice pour respecter les injonctions qui lui ont déjà été faites, avec cette fois une astreinte, une amende à payer pour chaque jour de retard. Sollicité par franceinfo, le ministère de la Justice n'a pas souhaité réagir.

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