Agression de surveillants à Vendin-le-Vieil : "Un chef d'établissement a une responsabilité pénale en matière de sécurité des personnels"

Wilfried Fonck, secrétaire national du syndicat Ufap-Unsa justice, a expliqué, dimanche sur franceinfo, pourquoi son syndicat demande de départ du directeur de la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) après l'agression de quatre gardiens.

La prison de haute-sécurité de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), le 12 janvier 2018.
La prison de haute-sécurité de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), le 12 janvier 2018. (DENIS CHARLET / AFP)

"Si le directeur de Vendin-le-Vieil avait été un personnel de surveillance, il aurait été suspendu" dès l'agression des surveillants dans la prison du Pas-de-Calais jeudi soir, explique Wilfried Fonck, dimanche 14 janvier sur franceinfo. Le secrétaire national du syndicat Ufap-Unsa justice regrette "ce deux poids deux mesures" justifiant ainsi le départ des syndicats d'une réunion au ministère de la Justice, samedi matin. Par ailleurs, le syndicat réclame le départ du directeur de la prison de Vendin-le-Vieil après l'agression des surveillants.

franceinfo : Pensez-vous vraiment que l'État est "laxiste" avec les détenus radicalisés ?

Wilfried Fonck : Les détenus radicalisés représentent, quelque part, plus un point de cristallisation des problèmes des personnels pénitentiaires. Aujourd'hui, nous sommes dans une situation ubuesque. Vous avez trois organisations syndicales qui vont se mettre en mouvement social tout simplement pour revendiquer le droit de pouvoir faire leur travail, car, aujourd'hui, nous ne sommes plus en mesure de pouvoir assurer ces missions de garde, de sécurité et de réinsertion. C'est l'ensemble des personnels qui est concerné, que ce soit le personnel de surveillance, d'insertion, le personnel administratif et même technique.

Depuis quelques années, le phénomène de radicalisation islamiste s'est renforcé. Est-ce qu'il renforce l'insécurité des personnels dans les prisons ?

Aujourd'hui, on essaye de faire croire à l'ensemble de la population française que l'administration pénitentiaire est en mesure de pouvoir gérer ce type de détenu, notamment les détenus incarcérés pour des faits de terrorisme en lien avec l'islam radical. Malheureusement, tout cela est un mensonge d'État organisé. Les unités dédiées à la prévention de la radicalisation, qui sont devenues, aujourd'hui, des quartiers d'évaluation de la radicalisation, ne sont pas des quartiers totalement étanches, tant vis-à-vis de l'extérieur de la prison qu'à l'intérieur même de ces quartiers. Effectivement, on affiche quelque chose en termes politiques, mais dans la réalité des faits, il n'y a rien qui se passe.

Vous demandez aujourd'hui le départ du directeur de la prison de Vendin-le-Vieil. Pensez-vous que cela peut changer quelque chose ?

Le départ du chef d'établissement de Vendin est, pour nous, un préalable à toute discussion. Un chef d'établissement a une responsabilité pénale en matière de sécurité des personnels. Si le directeur de Vendin-le-Vieil avait été un personnel de surveillance, il aurait été suspendu depuis jeudi soir. Aujourd'hui, il est directeur et on attend un rapport de l'inspection judiciaire. On s'oppose aussi à ce deux poids deux mesures.

On a l'impression que le gouvernement ne fait pas une priorité des détenus et que cela rejaillit sur le personnel ?

De manière beaucoup plus globale, c'est le sujet de la prison qui n'intéresse personne. Dès lors que quelqu'un a commis un délit ou un crime et qu'il est placé derrière les murs d'une prison, ensuite, tout le monde s'en fiche. La question est de savoir ce que l'on fait dans ce temps-là. Est-ce que la prison est aujourd'hui un temps utile ? La réponse est non.