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Drone de Greenpeace à la centrale du Bugey : "Imaginez si cela avait été fait par un groupe malveillant"

Après le lancement, par des militants de l'ONG, d'un drone et d'un avion radiocommandé vers la centrale du Bugey, Greenpeace en appelle à la responsabilité d'EDF.

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Radio France
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La centrale nucléaire du Bugey (Ain). Photo d'illustration 8 avril 2016. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

"C'était très simple. Il a suffi de lancer ces drones depuis l'autre côté du Rhône, et de les piloter avec une télécommande. Cela a duré quelques secondes", a raconté mardi 3 juillet sur franceinfo Cyrille Cormier, responsable de la campagne énergie à Greenpeace. Plus tôt dans la journée, des militants de l'ONG ont lancé un drone et un avion radiocommandé vers la centrale du Bugey, dans l'Ain, pour les "crasher délibérément." Greenpeace a expliqué dans un communiqué vouloir démontrer "la vulnérabilité extrême des piscines d’entreposage de combustible usé et le manque crucial de sécurité des centrales nucléaires d’EDF."

Les centrales nucléaires, une cible depuis le 11 septembre

"C'était des engins inertes, des drones en polystyrène. Greenpeace agit dans la non-violence. Mais imaginez si cela avait été fait par un groupe malveillant, avec un appareil malveillant, les dégâts que cela aurait pu causer", a ainsi lancé Cyrille Cormier. L'un des drones représentait un Superman en polystyrène, pour signifier qu'il s'agissait d'une "action non-violente" et "pour donner le contraste." "S'il avait été le vrai Superman, super fort, il aurait percé cette piscine, un peu comme un avion aurait pu le faire, ou des engins volants criminels", a-t-il poursuivi. 

Cela fait depuis le 11 septembre 2001 que l'on sait que des groupes malveillants dans le monde imaginent comme cible de leurs méfaits des centrales nucléaires.

Cyrille Cormier, responsable de la campagne énergie à Greenpeace

franceinfo

La centrale du Bugey "est l'une des plus vieilles de France. Elle a atteint 40 ans, sa limite d'âge d'exploitation. Elle est à 25 kilomètres de Lyon. Rendez-vous compte, un accident nucléaire c'est l'évacuation de Lyon et d'une partie de la vallée du Rhône", rappelle ce dernier. "C'est non seulement une perte environnementale et un coût environnemental énorme, mais une perte économique que le pays ne pourrait pas supporter", s'inquiète le responsable de la campagne énergie à Greenpeace.

"EDF doit arrêter de mentir aux Français"

"Aujourd'hui ce que l'on dit c'est qu'il faut sécuriser ces réacteurs, bunkeriser les piscines d'entreposage des combustibles et arrêter de mettre en danger les Français de manière aussi irresponsable", insiste Cyrille Cormier, qui estime qu'à chaque fois, "EDF se défausse, dit qu'il n'y a pas d'urgence. Ce n'est pas vrai, EDF doit arrêter de mentir aux Français."

Il attend de la commission parlementaire qui doit rendre son rapport dans deux jours sur la sûreté et la sécurité, "non seulement des recommandations à la hauteur des enjeux mais aussi que ce rapport soit suivi d'effets."

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