L'expulsion d'une collégienne rom suscite un début de polémique

Le Parti de gauche fustige la "politique inhumaine" menée par le ministre de l'Intérieur. La jeune fille a été arrêtée pendant une sortie scolaire et expulsée, avec  sa famille, vers le Kosovo.

Le collège de Pontarlier, dans le Doubs, où était scolarisée Leonarda, expulsée vers le Kosovo, le 9 octobre 2013.
Le collège de Pontarlier, dans le Doubs, où était scolarisée Leonarda, expulsée vers le Kosovo, le 9 octobre 2013. (GOOGLE MAPS)

L'information a d'abord été relatée, lundi 14 octobre, sur le blog de Réseau éducation sans frontières (RESF) hébergé par Mediapart sous le titre : "Léonarda, 15 ans, arrêtée et expulsée pendant une sortie scolaire". Depuis, ces faits ont connu un retentissement important, qui tourne à la polémique.

Que s'est-il passé ?

Dans cet article, l'association explique qu'une collégienne scolarisée en 3e, dans le Doubs, a été contrainte par la police de quitter le car en pleine sortie scolaire, malgré les protestations de sa professeur d'histoire-géographie. La jeune fille aurait été remise à  la police à l'écart des autres élèves. L'association ajoute encore que sa famille, qui occupait un appartement "dans le cadre de la prise en charge des demandeurs d'asile", avait été arrêtée un peu plus tôt. Tous ont finalement été expulsés vers le Kosovo.

D'après la préfecture du Doubs, la collégienne, ses parents et ses cinq frères et sœurs, faisaient l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. "Les choses se sont déroulées sans coercition et sans incident. C'est un éloignement triste, mais tous les recours légaux avaient été utilisés", selon le secrétaire général de la préfecture. 

Dans l'article de RESF, les professeurs du collège et du lycée de Pontarlier, où étaient scolarisées Leonarda et une des sœurs, se déclarent "profondément choqués par les méthodes utilisées pour renvoyer des enfants issus de la minorité rom vers des pays qu'ils ne connaissent pas et dont ils ne parlent pas la langue".

Quelles réactions politiques ?

Au lendemain de la parution de l'article, le Parti de gauche (PG) a fustigé la "politique inhumaine" du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls. Il "a beau jeu de décréter que les Roms ne veulent pas s'intégrer, alors même qu'il les pourchasse jusque dans les écoles", s'est insurgé le PG. Le parti de Jean-Luc Mélenchon estime encore que "la lepénisation des esprits a décidément pris ses quartiers place Beauvau".

Mais la polémique a ensuite gagné les rangs socialistes. Le député Pouria Amirshahi a ainsi exprimé son "effroi", jugeant "indigne qu'une enfant soit arrêtée en pleine sortie scolaire". Et de demander "le retour immédiat de Léonarda ainsi que sa famille en France".

Dans la soirée, le porte-parole du PS, David Assouline, a demandé que "les circonstances et les responsabilités" ayant conduit à cette décision soient "clairement établies". Le PS juge "choquantes", a-t-il dit, les conditions dans lesquelles la collégienne a été remise à la police.

Que dit Manuel Valls ?

Dans la soirée de mardi, le ministre de l'Intérieur a dit faire appliquer "avec fermeté les décisions d'éloignement, tout en veillant scrupuleusement au respect des droits des étrangers qui font l'objet d'une mesure d'éloignement".