"Nicolas S." a-t-il rencontré "monsieur" Bettencourt avant la présidentielle de 2007 ?

Une note dans un agenda et le témoignage d'un ancien majordome alimentent les soupçons d'une rencontre entre Nicolas Sarkozy et André Bettencourt avant la présidentielle de 2007, à des fins de financement de campagne. 

Liliane Bettencourt et son époux André, le 13 novembre 2002 à Paris.
Liliane Bettencourt et son époux André, le 13 novembre 2002 à Paris. (ERIC FEFERBERG / AFP)

"A 12 heures - Pour Monsieur - Nicolas S. - Pour information". Cette note dans l’agenda de Liliane Bettencourt a été révélée lundi 2 avril par l’hebdomadaire L’Express, pour qui c'est le candidat à la présidentielle, Nicolas Sarkozy, qui se cache derrière cette dénomination. Et le "Monsieur" désignerait André Bettencourt, l’époux décédé de la milliardaire. 

Sarkozy au domicile des Bettencourt en 2007

L’Elysée dément ce rendez-vous pris le 24 février 2007, à deux mois du premier tour de la présidentielle, précise l'hebdomadaire, qui rappelle que Nicolas Sarkozy a toujours assuré qu’il n’avait rencontré André Bettencourt qu’à deux reprises, lors de dîners et en présence de plusieurs convives.

Si le rendez-vous est avéré, il constituerait un élément supplémentaire dans l’enquête sur le volet politique de l’affaire Bettencourt. Celle-ci doit en effet établir si des sommes d’argent ont été illégalement versées à des hommes politiques par le couple Bettencourt, notamment pour financer la campagne de l'UMP en 2007.

Principal témoin : le majordome

Chargé du dossier à Bordeaux, le juge d'instruction Jean-Michel Gentil conduit son enquête dans cette direction, selon des documents judiciaires consultés par le journal Le Monde. "Il convient de noter que des témoins attestent d'une visite du ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, au domicile des Bettencourt pendant la campagne électorale de 2007, que des investigations sont donc nécessaires" , écrit le juge dans une ordonnance.

La note de l'agenda confirmerait des dates avancées par plusieurs témoins. Pascal Bonnefoy, le majordome qui avait fait éclater l'affaire en enregistrant les conversations de sa patronne, a notamment évoqué une visite. "Il a confirmé que Sarkozy était venu chez les Bettencourt dans les mois ayant précédé l'élection. C'est un témoin comme d'autres membres du personnel qui ont dit l'avoir vu", a fait savoir Antoine Gillot, l’avocat du majordome.