Affaire Kerviel : le témoignage d'une enquêtrice accuse la Société générale

Selon Mediapart, Nathalie Le Roy, commandante de police de la brigade financière, a fait en avril dernier une déposition qui pourrait contraindre la justice à rouvrir le dossier de l'ex-trader.

L\'ancien trader de la Société générale Jérôme Kerviel, lors de la Fête de l\'Humanité, à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), le 13 septembre 2014.
L'ancien trader de la Société générale Jérôme Kerviel, lors de la Fête de l'Humanité, à La Courneuve (Seine-Saint-Denis), le 13 septembre 2014. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)
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A en croire Mediapart (article réservé aux abonnés), une nouvelle déposition pourrait contraindre la justice à rouvrir le dossier Jérôme Kerviel. Le site d'information dévoile, dimanche 17 mai, le témoignage de Nathalie Le Roy, commandante de police de la brigade financière chargée de l'enquête autour des pertes de l'ex-trader, qui remet en cause le comportement de la Société générale dans cette affaire.

Selon Mediapart, Nathalie Le Roy a été auditionnée le 9 avril dernier par le juge d'instruction Roger Le Loire dans le cadre d'une plainte contre X pour escroquerie au jugement, déposée par Jérôme Kerviel. L'ancien trader a été condamné à trois ans de prison ferme et 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts en appel pour abus de confiance, faux, usage de faux et introduction frauduleuse de données dans un système automatisé.

Une rencontre lors du procès en appel de Jérôme Kerviel 

D'après Mediapart, Nathalie Le Roy était convaincue de la culpabilité de l'ex-trader en 2008, mais a fini par avoir des doutes sur le rôle de la banque, des doutes culminant lors du procès en appel, en 2012. Au juge d'instruction, elle aurait raconté avoir rencontré à ce moment-là, "dans les couloirs" du tribunal, "une dame qui se présentait comme étant aux ressources humaines de la Société générale".

Cette employée "disait qu'elle était ulcérée que Jérôme Kerviel serve de fusible", explique Nathalie Le Roy, selon sa déposition citée par Mediapart. "Elle a surenchéri en m'expliquant qu'en janvier 2008, après la découverte des faits, Frédéric Oudéa, à l'époque directeur financier [de la banque], avait 'séquestré' un certain nombre de cadres afin de leur faire signer un engagement de confidentialité de tout ce qu'ils avaient pu apprendre." Après une autre rencontre, ce témoin ne lui a plus donné de nouvelles.

Une enquêtrice "instrumentalisée par la Société générale" ?

Durant sa déposition, l'enquêtrice aurait également confié son "sentiment d'avoir été instrumentalisée par la Société générale" au cours de l'enquête. Selon Mediapart, la banque a de quoi s'inquiéter, car Nathalie Le Roy est présentée comme "un personnage respecté à la brigade financière et dans le monde judiciaire".