Assassinat de l'avocat Antoine Sollacaro : quelles sont les pistes ?

Le pénaliste, conseil d'Yvan Colonna, a été tué mardi dans une station-service près d'Ajaccio (Corse-du-Sud). Les enquêteurs privilégient la thèse du banditisme.

L\'avocat Antoine Sollacaro dans son cabinet d\'Ajaccio (Corse-du-Sud), en janvier 2010. 
L'avocat Antoine Sollacaro dans son cabinet d'Ajaccio (Corse-du-Sud), en janvier 2010.  (STEPHAN AGOSTINI / AFP)

FAITS DIVERS - Qui a tué Antoine Sollacaro ? Au lendemain de son assassinat, mardi 16 octobre, les enquêteurs tentent de démêler les multiples réseaux de cet homme d'influence, pénaliste de renom. Son cabinet et son domicile ont été perquisitionnés. L'avocat, lui, ne se sentait pas menacé et ne disposait d'aucune escorte policière.

FTVi résume les premières pistes explorées dans cette affaire.

Piste 1 : le grand banditisme ?

Dans les années 2000, Antoine Nivaggioni et Yves Manunta fondent la Société Méditerranée de sécurité (SMS) mais se brouillent sérieusement. Antoine Nivaggioni est un proche d'Alain Orsoni, le président du club de football d'Ajaccio, tout comme Antoine Sollacaro.

Antoine Nivaggioni est assassiné fin 2010 et Antoine Sollacaro défend logiquement ses amis lors du procès de la SMS en 2011. Yves Manunta critiquera l'avocat, l'accusant de lui avoir "mis une cible dans le dos", rapporte Libération. Il meurt dans un guet-apens en juillet dernier.

Dans ce contexte, la piste du banditisme est privilégiée par les enquêteurs. Comme le fait remarquer Libération, c'est d'ailleurs la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) qui a été saisie dans cette affaire, et non le parquet antiterroriste de Paris, en charge des dossiers de nationalisme corse.

Piste 2 : un projet immobilier ?

Les investissements immobiliers d'Antoine Sollacaro vont être passés au crible. Charles Pellegrini, ancien chef de l'Office central de répression du banditisme (OCRB), était l'invité des "Quatre vérités" sur France 2, mercredi 17 octobre. Il a expliqué qu'Antoine Sollacaro s'était "partiellement reconverti dans l'immobilier dans le sud de la Corse, dont on sait que c'est une région difficile, qui suscite beaucoup de convoitises et de querelles".

France 2

Hélène Constanty, dans son livre Razzia sur la Corse, explique que l'avocat possédait une portion de la baie de Santa Giulia, rappelle Libération mercredi. Antoine Sollacaro avait rendu cet espace naturel constructible avant de revendre ces plages au prix fort, mais le site avait finalement été déclaré inconstructible.

Piste 3 : le nationalisme corse ?

Antoine Sollacaro est l'avocat historique d'Yvan Colonna et était proche lui-même des milieux nationalistes. Il avait milité dans les rangs du Mouvement pour l'autodétermination (MPA) fondé en 1990 par Alain Orsoni, "une structure présentée comme la vitrine légale du FLNC-Canal habituel", précise Le Figaro mardi.

"Avec ses engagements, il a forcément froissé des susceptibilités", explique mardi l'avocat et ami de la victime Camille Romani au Parisien/Aujourd'hui en France. La police judicaire reste sceptique dans Libération : "Ce n'est pas la piste d'un meurtre politico-natio."