Etats-Unis : des entreprises américaines sortent du silence et se positionnent sur l'avortement

La presse américaine a révélé un document annonçant un possible revirement de la Cour suprême sur la question de l'avortement. La plus haute juridiction préparerait une décision sur la fin du droit constitutionnel à l'IVG.

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France Télévisions
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Des manifestants protestent à Washington, le 7 mai 2022, contre le possible revirement de la Cour suprême sur le droit constitutionnel à l'avortement (ALLISON BAILEY / NURPHOTO / AFP)

Fin d'un tabou. De plus en plus d'entreprises américaines prennent actuellement position sur le droit à l'avortement, signe de l'émergence d'une nouvelle génération aux attentes différentes. Il n'aura fallu que quelques heures après la fuite, lundi 2 mai, annonçant le possible revirement de la Cour suprême sur la question de l'avortement pour qu'une partie de l'économie américaine réagisse publiquement.

"Sachant ce qui est en jeu, les dirigeants du monde de l'entreprise doivent se faire entendre et agir pour préserver la santé et le bien-être de nos employés", ont écrit les responsables de Levi Strauss. "Cela implique de protéger les droits liés à la procréation." Comme le célèbre fabricant de jeans, Apple s'est engagé à couvrir les frais engagés par ses salariées qui devraient se déplacer dans un autre Etat pour pratiquer une interruption volontaire de grossesse.

Revenir sur le droit à l'avortement "mettrait en péril les droits de millions de femmes", a déclaré à l'AFP la plateforme de recherche participative Yelp, qui évoque "un séisme pour notre société et notre économie" et appelle les entreprises à "prendre l'initiative".

Des entreprises contraintes à se positionner

Depuis l'entrée en vigueur en septembre, au Texas, d'une nouvelle loi ramenant à six semaines le délai pour procéder à une IVG, le tabou se lézarde et Amazon, Uber ou même la banque Citigroup ont tous annoncé prendre en charge les coûts supplémentaires que ce texte peut induire pour leurs employées.

"Nous vivons une période inhabituelle sur le plan politique et cette question est redevenue primordiale, ce qui va forcer les entreprises à se dévoiler", estime Maurice Schweitzer, professeur à l'université Wharton de Pennsylvanie. "Les sociétés se trouvant dans des Etats qui pourraient revenir [sur l'accès à l'IVG] doivent décider si elles couvrent ou non les frais associés (...), cela les contraint donc à se positionner de fait", affirme aussi Neeru Paharia, professeure à l'université Georgetown.

Selon le New York Times, Tesla, qui vient de déplacer son siège de Californie au Texas, s'est engagé à rembourser ces dépenses. La nouvelle audace d'une partie des compagnies américaines est aussi liée au fait que "dans ce pays, les gens favorables (au droit à l'avortement) sont plus nombreux que ceux qui y sont opposés", rappelle Neeru Paharia.

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