L'ancien secrétaire d'Etat Jean-Vincent Placé (ex-EELV) visé par une enquête pour "harcèlement sexuel" après la plainte d'une ancienne collaboratrice

L'ancien patron des sénateurs écologistes s'est refusé à tout commentaire.

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L'ancien secrétaire d'Etat Jean-Vincent Placé à l'Elysée, le 15 octobre 2018. (MAXPPP)

Une ex-collaboratrice de Jean-Vincent Placé a déposé plainte le 22 novembre contre l'ex-secrétaire d'Etat écologiste, l'accusant de "harcèlement sexuel", a appris franceinfo jeudi 2 décembre auprès du parquet de Paris. D'après l'AFP et Mediapart, les faits se sont déroulés entre 2012 et 2016.

Contacté par l'AFP, Jean-Vincent Placé a dit "prendre acte" de la plainte. "Je ne souhaite pas à ce stade de la procédure faire un quelconque commentaire", a ajouté l'ex-patron des sénateurs écologistes. L'enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).

Des faits en partie déjà dénoncés

Des bribes des faits dénoncés aujourd'hui par l'ancienne collaboratrice de l'élu, Audrey*, avaient été évoqués pour la première fois en 2018 par Libération : lors d'un déplacement à Rome, Jean-Vincent Placé lui aurait "ordonné de danser un slow" avec le sénateur centriste François Zocchetto. Un an plus tard, Audrey avait témoigné anonymement sur France 3, indiquant que l'ex-maire UDI de Laval l'avait "agrippée", "pressée contre lui" et lui avait mis une "main bas dans le dos".

François Zochetto avait renoncé à se représenter aux municipales, présentant ses "excuses" pour son "manque de retenue" car il n'avait "pas osé résister à l'injonction" de M. Placé qu'il accompagnait, tout en "démentant tout comportement répréhensible".

Plusieurs agressions répertoriées dans la plainte

Avec sa plainte, Audrey, âgée de 35 ans, évoque désormais plusieurs années de "harcèlement sexuel". En août 2015 à Lille, en marge du rassemblement estival du parti que Jean-Vincent Placé s'apprête alors à quitter, Audrey l'accuse de lui avoir "touché les fesses".

La seconde agression se serait produite mi-mai 2016 à Séoul, en Corée du Sud, lors d'un déplacement officiel de Jean-Vincent Placé : dans une voiture, l'ex-secrétaire d'Etat de François Hollande aurait "touché délibérément la poitrine d'Audrey". Contactée, la plaignante n'a pas souhaité commenter.

Selon son avocat, Me Tewfik Bouzenoune, Jean-Vincent Placé "a opéré une réification d'une jeune femme brillante qui s'est peu à peu éteinte sous son autorité". "Les mouvements de libération de la parole et les injonctions amicales des femmes l'ont déterminée à parler. La découverte qu'une autre femme avait été victime, et la condamnation de M. Placé" pour harcèlement sexuel en mars dernier "l'ont déterminée à déposer plainte", d'après son conseil.

* Le prénom a été modifié.

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