Le ministre de l'Intérieur ordonne une mission d'inspection pour d'éventuels manquements après le féminicide d'Aurélie à Douai

La mère de famille de 33 ans a été tuée en mai 2021. Selon l'avocat de sa famille, elle avait porté plainte à plusieurs reprises contre son compagnon, qui est mis en examen pour meurtre.

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Radio France
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Des personnes présentent des photos d'Aurélie Langelin lors d'une marche blanche à Douai (Nord), le 12 juin 2021. (DENIS CHARLET / AFP)

Gérald Darmanin a ordonné une mission d'inspection pour se pencher sur d'éventuels manquements dans le cadre du meurtre d'Aurélie Langelin, une mère de famille de 33 ans, en mai 2021 à Douai (Nord), a appris franceinfo lundi 24 janvier auprès du ministère de l'Intérieur, confirmant une information du journal Le Parisien. Les pompiers avaient été appelés vers 4h45 pour secourir la victime, qui était en arrêt cardiaque, à son domicile. La mère de famille avait été retrouvée couverte d'hématomes et de traces de coups multiples, avant de succomber à ses blessures. Son conjoint avait des traces de sang sur les mains. 

Damien Legrand, avocat de la famille d'Aurélie Langelin, interrogé par France 3, estime qu'il y a eu des manquements dans cette affaire. Au nom de la famille, il avait envoyé une lettre au ministère de la Justice pour réclamer une mission d'inspection, comme ça avait été le cas après les féminicides de Mérignac (Gironde) et Hayange (Moselle), également commis en mai 2021. Dans ce courrier, il dénonçait ce qu'il considère comme des "dysfonctionnements policiers et judiciaires", sans lesquels "cette femme ne serait pas morte". Selon l'avocat, Aurélie Langelin avait déposé plusieurs plaintes et mains courantes depuis 2018 contre son concubin, qui "n'ont jamais été traitées". "Il n'y a jamais eu de suites", affirme l'avocat, car son compagnon "n'a jamais été convoqué".

Intervention des policiers quelques heures avant le meurtre

Quelques heures avant la mort d'Aurélie, les policiers étaient intervenus une première fois dans la résidence pour une dispute entre le suspect et une voisine. "Sur place, l'attention des effectifs de police a été attirée par la présence parmi les témoins d'Aurélie", indiquait au mois de juin le procureur de la République de Douai lors d'une conférence de presse, cité par France Bleu Nord. Aurélie Langelin présentait alors "un hématome à l’œil et semblait sous l'effet de l'alcool tout comme Karim", son concubin.

Selon le procureur, les fonctionnaires de police avaient interrogé la victime "sur les causes de cette blessure", avant de lui proposer une assistance, mais elle avait contesté "avoir été victime de violences" et avait "refusé toute assistance de la police secours. Le différend entre voisins étant réglé, la police a quitté les lieux." Après les constatations du médecin légiste et celles effectuées dans l'appartement, révélant notamment des projections de sang sur les murs de la salle de bains, le parquet avait finalement ouvert une information judiciaire. Le suspect est actuellement en détention provisoire et mis en examen pour homicide volontaire par conjoint.

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