Vincent Lambert : plusieurs centaines de personnes marchent à Paris pour réclamer une "grâce présidentielle"

Les manifestants dénoncent l'arrêt des soins visant à maintenir ce patient tétraplégique en vie. Emmanuel Macron a écrit que la décision d'arrêter les traitements ne lui appartenait pas.

Plusieurs centaines de personnes ont défilé à Paris du ministère de la Santé vers l\'Elysée, lundi 20 mai, pour réclamer une \"grâce présidentielle\" pour le tétraplégique Vincent Lambert.
Plusieurs centaines de personnes ont défilé à Paris du ministère de la Santé vers l'Elysée, lundi 20 mai, pour réclamer une "grâce présidentielle" pour le tétraplégique Vincent Lambert. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Plusieurs centaines de personnes ont défilé à Paris du ministère de la Santé vers l'Elysée pour réclamer une "grâce présidentielle" pour le tétraplégique Vincent Lambert, lundi 20 mai, dont l'arrêt des soins visant à le maintenir en vie a débuté contre la demande de ses parents.

Les manifestants se sont élancés peu avant 21 heures et tenaient pour certains une banderole proclamant : "La valeur d'une civilisation se mesure au respect qu'elle porte aux plus faibles" et scandaient les slogans "La vie pour Vincent", "Sanchez assassin" – du nom du médecin de Reims qui a signé en avril 2018 la demande d'interruption des traitements –, "Vincent est vivant" ou encore "Macron assassin".

"Il ne m'appartient pas de suspendre" cette décision, écrit Emmanuel Macron

Après des années de bataille judiciaire, les avocats des parents de Vincent Lambert avaient appelé samedi le chef de l'Etat – "le dernier et le seul à pouvoir intervenir" – à s'opposer à l'arrêt des soins. Emmanuel Macron a répondu sur Facebook qu'il ne lui "appartenait pas de suspendre une décision qui relève de l'appréciation de ses médecins et qui est en conformité avec nos lois".

"Nous n'acceptons pas le crime d'Etat que la France est en train de commettre", a déclaré à la foule Jean Paillot, l'un des avocats des parents de Vincent Lambert. "Nous ne nous résignons pas à admettre que Vincent soit assassiné froidement, Leonettiquement", a-t-il encore ajouté, en référence à la loi Léonetti de 2016 qui régit la fin de vie.

Egalement présent, le directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles, Geoffroy Lejeune, a estimé que Vincent Lambert était l'un des membres "les plus fragiles de notre société" : "Il n'était pas inconscient, il n'était pas un légume, il n'est pas branché, il n'est pas atteint d'une maladie incurable". Eric Kariger, l'ancien médecin de Vincent Lambert, estime au contraire sur France 3 que le patient "n'entend plus probablement, ne voit plus, n'a probablement plus de sensation de faim et de soif à 99,9%."