Euthanasie : "Quand quelqu'un est incurable, c'est inhumain de ne pas abréger ses souffrances", juge Françoise Hardy

Les députés examinent jeudi 8 avril une proposition de loi autorisant l'euthanasie pour les personnes souffrant d'une affection grave et incurable. La chanteuse Françoise Hardy appelle la France à rattraper son retard sur les autres pays à ce sujet.

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Radio France
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Françoise Hardy, le 1er février 2016. (OLIVIER LEJEUNE / LE PARISIEN / MAXPPP)

"Quand quelqu'un en arrive à avoir des souffrances insupportables et qu'il est incurable, c'est inhumain de ne pas abréger ses souffrances", a déclaré à franceinfo Françoise Hardy alors qu'une proposition de loi créant un droit à l'euthanasie pour les personnes souffrant d'une pathologie incurable va être examinée jeudi 8 avril à l'Assemblée nationale. La chanteuse de 77 ans, qui publie Chansons sur toi et nous (Editions des Equateurs), se bat contre un cancer du pharynx qui a progressivement dégradé son état de santé. Depuis des années elle défend la légalisation de l'euthanasie.

franceinfo : Comment allez-vous ?

François Hardy : Ça va difficilement parce que je subis les effets catastrophiques de 45 séances de radiothérapie. Je n'ai plus de salive, je suis sourde d'une oreille, j'ai toute la zone ORL qui n'est pas irriguée et c'est très difficile à vivre parce que ça donne des détresses respiratoires. Et puis, c'est très difficile pour moi de faire des choses promotionnelles ou de parler de l'euthanasie parce que je dois consacrer cinq à six heures par jour rien qu'à l'alimentation.

Aujourd'hui, une proposition de loi doit être débattue à l'Assemblée. Elle vise à autoriser une aide active à mourir. La législation, pour l'instant, autorise seulement la sédation continue. Quel message voudriez-vous faire passer aux députés ? Que faudrait-il changer dans la loi ?

Ce n'est pas à moi de leur dire ce qu'il faut faire mais personnellement j'ai toujours été pour l'euthanasie et ça ne date pas d'hier puisque je crois que j'ai vu deux fois un film sur la seule chaîne qui existait à ce moment-là - je devais avoir 15 ans, quelque chose comme ça - et qui était suivi d'un débat sur l'euthanasie. Et dès ce moment-là, j'étais farouchement pour l'euthanasie. Quand quelqu'un en arrive à avoir des souffrances insupportables et qu'il est incurable, c'est inhumain de ne pas abréger ses souffrances.

La proposition de loi qui doit être débattue va-t-elle dans le bon sens, selon vous ?

D'après ce que j'ai entendu en tout cas, une majorité de députés et puis surtout une grande majorité de gens en France sont pour l'euthanasie.

"Personnellement, j'ai un peu honte que la France soit à la traîne de pays comme la Suisse, comme la Belgique, comme les Pays-Bas."

Françoise Hardy

à franceinfo

Ce n'est pas normal qu'on soit obligé d'aller dans d'autres pays et que si vraiment on est très malade et immobilisé par sa maladie, on le puisse encore moins.

Françoise Hardy s'exprime sur l'euthanasie - Propos recueillis par Claire Flochel
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