Parcoursup est "discriminatoire" et porte "préjudice aux lycéens du 93 et des départements les plus défavorisés"

Le lycée Paul Eluard de Saint-Denis est bloqué, jeudi 31 mai, par des élèves qui protestent contre l'attribution des propositions de Parcoursup, rapporte France Bleu Paris. Les syndicats s'inquiètent du caractère "discriminatoire" de la plateforme.

Une manifestation de lycéens contre la réforme Parcoursup, le 24 mai 2018 à Paris.
Une manifestation de lycéens contre la réforme Parcoursup, le 24 mai 2018 à Paris. (MAXPPP)

Des élèves du lycée Paul Eluard de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) ont entamé jeudi 31 mai, en début de matinée un mouvement de blocage pour protester contre la réforme Parcoursup, rapporte France Bleu Paris. Ils estiment que les lycéens des quartiers défavorisés sont lésés.

Les deux tiers des élèves de terminale avaient reçu, mardi 29 mai, "au moins une proposition" d'admission au niveau national, selon le ministère de l'Enseignement supérieur, mais le Snes-FSU et Sud Education s'inquiètent du caractère "discriminatoire" de Parcoursup, qui pourrait "porter particulièrement préjudice aux lycéens du 93 [Seine-Saint-Denis] et des départements les plus défavorisés".

Plus d'un élève sur deux sans réponse

Selon un sondage de Sud Education réalisé auprès d'enseignants, 63 % des élèves d'une classe de terminale de Stains (Seine-Saint-Denis) n'avaient reçu aucune proposition la semaine dernière. Le chiffre monte à 71 % en moyenne dans plusieurs classes d'un lycée professionnel de Saint-Denis. Tandis qu'à Sceaux (Hauts-de-Seine), une classe de terminale littéraire ne présentait aucun élève sans réponse. 

Au lycée Paul Eluard de Saint-Denis, 65 % des élèves n'avaient pas de proposition en première semaine contre 50 % au niveau national, un taux réduit à 56 % mardi 29 mai, quand la moyenne nationale, elle, avait chuté à 33 %.

"Les bons élèves des classes des quartiers défavorisés n'ont pas de résultat, cela montre bien qu'il y a une discrimination soit par origine de ville, soit par lycée d'origine", estime Julie Le Mazier, membre de Sud Education et professeure dans le Val-d'Oise.

Ils préfèrent un 10 de Neuilly qu'un 15 de Saint-Denis !Chems, élève de terminale ESà France Bleu Paris

"J'ai demandé des prépas et je n'ai été accepté que dans mon établissement : à Paris, je suis en attente", s'agace Yassine, en terminale S, et qui assure avoir 15 de moyenne générale. "Nous, les élèves de banlieue, on n'est pas pris sur Paris parce qu'ils préfèrent choisir des élèves privilégiés", ajoute-t-il. Chems, son camarade, en terminale ES, est sur liste d'attente pour tous ses vœux, essentiellement dans des universités parisiennes.

Lettre envoyée au ministère

Stéphane Troussel, le président du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis, a envoyé, lundi, une lettre à la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, notamment pour lui demander de rendre publics les résultats de Parcoursup par académie et par département.