Panthéonisation : des choix toujours très politiques

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Panthéonisation : des choix toujours très politiques
France 2
Article rédigé par
G.Daret, G.De Florival, B.Girodon, M.Anglade, N.Leydier, A.Da Silva - France 2
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À chaque panthéonisation, c'est au président de la République que revient le choix de la personnalité. Derrière chaque entrée au Panthéon se cache ainsi un choix politique. 

La panthéonisation est devenue un passage presque obligé pour la grande majorité des présidents de la Ve République. En 1964, le Général de Gaulle fait entrer Jean Moulin, avec les mots d'André Malraux : "Entre ici Jean Moulin, avec ton terrible cortège". Georges Pompidou et Valéry Giscard d'Estaing, eux, ne panthéoniseront personne. François Mitterrand renoue ensuite avec le rituel, en faisant entrer René Cassin, héros des droits de l'Homme, Jean Monnet, un des fondateurs de l'Europe, puis Pierre et Marie Curie. Avec toujours, un message politique. "La cérémonie d'aujourd'hui prend un éclat particulier, puisqu'entre au Panthéon la première femme de notre histoire honorée pour ses propres mérites", déclarait-il en effet en 1995.

Un rite qui construit l'image

La panthéonisation est un rite qui construit l'image du chef de l'État. "Pour un président, faire rentrer quelqu'un au Panthéon, c'est à la fois donner la marque de ce qu'on veut intellectuellement, humainement pour le pays, et c'est aussi se référer à toute une histoire partisane, politique", analyse l'historien Fabrice d'Almeida. L'écrivain Alexandre Dumas, petit-fils d'esclaves, sera honoré par Jacques Chirac, puis Aimé Césaire par Nicolas Sarkozy, et enfin de grands résistants par François Hollande.

Avec Joséphine Baker, Emmanuel Macron donne lui aussi un signal fort. "C'est une femme qui est noire, c'est une femme qui s'est battue pour la liberté des femmes, c'est une femme qui s'est engagée dans la résistance, c'est une femme qui avait plusieurs pays et qui les a défendus, et en ce sens-là, c'est un choix qui est le contraire du communautarisme et qui peut invoquer une forme d'universalisme", estime l'éditorialiste politique de France Télévisions, Nathalie Saint-Cricq.

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