Mars : décollage mercredi pour l'hélicoptère Ingenuity, prêt pour le premier vol sur une autre planète

Le drone Ingenuity qui accompagne Perseverance doit s'envoler dans l'atmosphère martienne, pour une première. Le décollage n'aura pas lieu avant mercredi 14 avril indique la Nasa.

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Radio France
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L'hélicoptère Ingenuity sur Mars, photographié par le rover Perseverance le 8 avril 2021. (NASA/JPL-CALTECH/ASU)

C'est une boîte de moins de deux kilos, montée sur quatre pattes métalliques et équipée de pales de plus d’un mètre d’envergure qui peuvent tourner très vite, beaucoup plus vite que sur Terre, pour compenser le manque d’atmosphère sur Mars et donc de portance. Embarqué sous les roues du rover Perseverance qui s’est posé le 18 février dernier sur Mars, Ingenuity (surnommé "Ginny"), s'en est détaché la semaine dernière, déposé dans une zone dégagée du sol martien.

Après avoir rechargé ses batteries grâce à ses panneaux solaires, il doit réaliser une première historique : décoller, grimper à la verticale à trois mètres de haut, faire du sur-place quelques dizaines de secondes et se reposer sans encombre, pour ce qui sera le premier d'un engin motorisé sur une autre planète. Le décollage, initialement prévu dimanche 11 avril, ne sera finalement pas tenté avant le mercredi 14 avril explique la Nasa. Un test à grande vitesse des rotors de l'hélicoptère s'est terminé plus tôt que prévu en raison d'une alerte sur un problème potentiel. Par leur rotation, ces éléments permettent de maintenir l'hélicoptère en vol

"Il faut tout réaliser à l'aveugle"

Ce vol est un véritable défi, car l'air martien est d'une densité équivalente à seulement 1% celle de l'atmosphère terrestre. Or c'est en poussant l'air en tournant que les hélices peuvent soulever du poids. Cela signifie qu'Ingenuity doit faire tourner les pales de son rotor beaucoup plus vite que ne le ferait un hélicoptère sur Terre pour pouvoir voler.

Autre difficulté : le pilotage de Ginny depuis la Terre. "C'est totalement automatique, explique Philippe Droneau, médiateur scientifique à la Cité de l’Espace à Toulouse, qui dispose d'une réplique exacte de l’engin. La distance entre la Terre et Mars étant de plus de dix minutes-lumières, il faut donc au moins dix minutes pour qu'un ordre fasse le trajet et qu'un retour revienne".

"Il est impossible de piloter à vue et de savoir ce qu'il se passe au moment où ça se passe. Il faut tout programmer d'avance, tout réaliser à l'aveugle, et ensuite recevoir les informations sur ce qu'il s'est passé."

Philippe Droneau, médiateur scientifique à la Cité de l'Espace à Toulouse

à franceinfo

Dans ce cas précis, il faut compter environ "trois jours pour récupérer l'ensemble des données, dont les images, les données de vol, etc.", poursuit Philippe Droneau. Après le vol, l'hélicoptère transmettra au rover Perseverance des données techniques sur ce qu'il aura réalisé, qui seront à leur tour envoyées vers la Terre. Parmi ces premières données, il y aura une photo en noir et blanc du sol martien prise par Ingenuity lors de son vol. Le lendemain, une fois ses batteries rechargées, l'hélicoptère transmettra une photo en couleur de l'horizon, prise par son autre appareil photo.

Si ce vol se passe bien, cinq autres pourront avoir lieu, plus longs, plus hauts. Et pour s’assurer de la réussite de ces missions et s’attirer les bonnes grâces martiennes, les concepteurs de "Ginny" ont fixé à bord un petit bout de tissu qui couvrait les ailes de l’avion des frères Wright, premier engin à moteur ayant réussi un vol sur Terre, en 1903.

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