Sidaction : 26% des jeunes se disent mal informés sur le sida, selon un sondage

Alors qu'une soirée Sidaction est diffusée jeudi soir sur France 2, un récent sondage concernant les jeunes a de quoi inquiéter les militants. Tout en paraissant moins bien informés qu'auparavant sur le sujet, les 15-24 ans semblent aussi davantage enclins à croire à de fausses idées autour de la maladie.

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France Télévisions
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Une main de femme saisit un préservatif, le 1er novembre 2019 à Pollestres (Pyrénées-Orientales). (VINCENT BRUGERE - CELINE ISAERT / AFP)

Les jeunes sont-ils de moins en moins bien informés sur le sida ? C'est ce qui ressort d'un sondage réalisé en février 2020 par Ifop-Bilendi auprès des 15-24 ans. Tandis que France Télévisions se mobilise, jeudi 25 juin, en diffusant notamment un concert au profit du Sidaction, tous les indicateurs sont au rouge, estime la directrice générale de Sidaction, Florence Thune.

"Depuis 2009, le sentiment d’information des jeunes a drastiquement diminué", déplore-t-elle. Elle insiste sur un point : l'épidémie de coronavirus ne doit pas faire oublier celle du VIH/sida, avec la nécessité d'"une vigilance accrue pour combattre désormais deux virus à la fois". Dans le détail, voici ce qui ressort du sondage.

26% des jeunes s'estiment mal informés

L'enquête révèle que les jeunes ont de plus en plus l'impression de ne pas en savoir assez sur le sida. Ainsi, 26% des sondés s’estiment "mal informés" sur le sujet, soit trois points de plus qu'en 2019 et 15 de plus qu'en 2009.

Autre chiffre marquant : 22% des adolescents et jeunes adultes interrogés disent n’avoir jamais bénéficié d’un "enseignement ou d'un moment d'information spécifique" sur la maladie au cours de leur scolarité. Cette proportion est en augmentation par rapport à 2009 (+9 points).

29% estiment qu'il existe des médicaments permettant de guérir la maladie

L'enquête permet aussi de constater que de fausses idées circulent toujours. Pire, un nombre croissant de jeunes y croient : 29 % des personnes interrogées pensent (à tort) qu'il existe des médicaments pour guérir du sida, soit 6 points de plus qu'en 2019. Par ailleurs, 15% considèrent (toujours à tort) que la pilule contraceptive d’urgence est efficace pour empêcher la transmission du sida.

Enfin, seuls 15% des sondés assimilent le VIH (virus de l'immunodéficience humaine) à un virus. Ils étaient 46% à le faire en 2017.

15% pensent que le virus peut s'attraper en s'asseyant sur des toilettes publiques

La transmission du virus (qui se peut se faire par voie sexuelle, par voie sanguine ou de la mère à l'enfant) donne aussi lieu à des clichés. Parmi les jeunes interrogés, 15% pensent (à tort) qu'ils peuvent être contaminés en s’asseyant sur un siège de toilettes publiques.

Néanmoins, 93% des jeunes savent que le préservatif est efficace pour empêcher la transmission du virus. Un chiffre important, mais qui accuse une perte de 5 points depuis 5 ans.

Un tiers des sondés considèrent avoir moins de risques que les autres d'être infecté

Près d’un jeune sur trois (32%) considère avoir moins de risques que les autres d’être infecté, soit un chiffre en hausse de 10 points par rapport à 2009. "Ils souffrent du syndrome du super-héros : ils se sentent invincibles face au virus du sida. Cela peut s’expliquer par la raréfaction du VIH/sida dans l’espace médiatique et l’insuffisance de l’information auprès des jeunes. Cela pourrait s’aggraver avec l’omniprésence du coronavirus dans les médias actuellement", analyse Frédéric Dabi, le directeur général adjoint de l’Ifop.

Néanmoins, le sondage révèle aussi quelques bonnes nouvelles : le dépistage devient un réflexe pour un peu plus de jeunes. En effet, 27% des 15-24 ans déclarent s’être fait tester au cours de l’année, soit une évolution de 5 points en un an. Mais quatre répondants sur dix s’estiment mal informés quant au lieu où ils peuvent se faire dépister.

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