Le nombre de nouveaux cas de VIH découverts ne faiblit pas en France

L'Institut national de veille sanitaire constate même une "forte augmentation" des découvertes de séropositivité chez les homosexuels.

Un homme utilise un test de dépistage rapide du VIH, le 6 mars 2014.
Un homme utilise un test de dépistage rapide du VIH, le 6 mars 2014. (VOISIN / AFP)

Progression du nombre de cas ou meilleur dépistage ? Le nombre de personnes découvrant leur contamination par le virus du sida ne faiblit pas en France, selon une étude de l'Institut national de veille sanitaire (InVS), qui chiffre à près de 6 400 les "découvertes de séropositivité" en 2012, avec une "forte augmentation" chez les homosexuels.

Après avoir "diminué significativement entre 2004 et 2008", le nombre de personnes ayant découvert leur séropositivité s'est stabilisé autour des 6 200 par an ces dernières années, relève l'étude de l'InVS, publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire. En 2012, 6 372 personnes ont découvert leur séropositivité, contre 6 087 en 2011, 6 247 en 2010 et 6 320 en 2009.

Forte hausse chez les hommes homos

L'analyse par catégorie montre une "forte augmentation" des "découvertes de séropositivité" parmi les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, avec une poussée de 14% en 2012, contre 3% en moyenne par an entre 2003 à 2011.

Cette hausse peut être liée à "un recours au dépistage plus précoce" dans la population homosexuelle, avec la généralisation des tests rapides d'orientation diagnostique, qui permettent d'obtenir une réponse en quelques minutes seulement, contre plusieurs jours pour le test classique.

Les Antilles et l'Ile-de-France en tête de peloton

Parallèlement, l'étude note une stabilité des découvertes de séropositivité chez les hétérosexuels en 2012, avec des diagnostics faits en moyenne de façon relativement tardive. "Les personnes âgées de 50 ans ou plus au moment du diagnostic représentent une part croissante des découvertes de séropositivité", souligne encore l'étude. Dans cette catégorie, le diagnostic se fait plus tardivement que chez les plus jeunes, "souvent" à l'occasion de complications comme les pneumonies ou tuberculoses.

L'analyse géographique montre que c'est toujours en Guyane, en Guadeloupe, en Martinique et en Ile-de-France que les découvertes sont les plus nombreuses (en taux par million d'habitants).

150 000 séropositifs en France

Enfin, l'analyse par origine des populations infectées en 2012 montre que plus de la moitié (54%) de celles-ci sont nées en France, et 31% en Afrique subsaharienne. La proportion de personnes nées en France parmi celles qui ont découvert leur infection "a régulièrement augmenté entre 2003 et 2012", passant de 41% à 54%, tandis que la part des personnes nées en Afrique subsaharienne a baissé de 44% à 31%.

On estime, en France, qu'environ 150 000 personnes vivent avec le virus du sida. Parmi elles, 30 000 à 40 000 ignorent leur contamination.