Agnès Buzyn dévoile ses pistes pour lutter contre la pénurie de médicaments

Le sujet est devenu très médiatisé, en raison de ruptures de stocks portant sur des produits d'utilisation courante ou de première importance, comme des antibiotiques, des vaccins ou des anticancéreux.

La ministre de la Santé Agnès Buzyn a dévoilé ses pistes pour lutter contre la pénurie de médicaments, le 8 juillet 2019. 
La ministre de la Santé Agnès Buzyn a dévoilé ses pistes pour lutter contre la pénurie de médicaments, le 8 juillet 2019.  (LUIS ALVAREZ / DIGITAL VISION / GETTY IMAGES)

"Plus d'un Français sur quatre affirme aujourd'hui avoir été en difficulté pour acheter un médicament courant", avait souligné Agnès Buzyn en mai. Pour y remédier, la ministre de la Santé a dévoilé, lundi 8 juillet, ses pistes pour lutter contre la pénurie de médicaments, dans un document présentant sa feuille de route. Ces préconisations reposent essentiellement sur un meilleur partage de l'information et une meilleure gestion du "circuit du médicament", du fabricant jusqu'à la pharmacie. 

Le premier axe de ce plan provisoire vise à "promouvoir la transparence et la qualité de l'information", en généralisant par exemple la plateforme qui permet aux pharmaciens de signaler les ruptures d'approvisionnement au laboratoire concerné.

La feuille de route propose aussi "des actions ciblées et adaptées à chacun des acteurs du circuit du médicament", telles que la possibilité donnée par la loi Santé au pharmacien de "remplacer le médicament indisponible initialement prescrit par un autre médicament", lorsque la pénurie concerne un "médicament d'intérêt thérapeutique majeur". Elle prône également davantage de "coopération européenne", en poursuivant "les discussions sur l'achat groupé notamment de vaccins essentiels au niveau européen". 

Plus de 500 signalements en 2017

Le sujet est devenu très médiatisé en raison de ruptures de stocks portant sur des produits d'utilisation courante ou de première importance, comme des antibiotiques, des vaccins ou des anticancéreux. En 2017, l'Agence nationale du médicament a ainsi reçu 538 signalements de rupture ou tension d'approvisionnement de médicaments. Un record en France : il n'y en avait eu que 44 en 2008. 

En février, le secteur pharmaceutique a publié un "plan d'actions" pour tenter de trouver des solutions à ce problème qui ternit son image. Présenté par le Leem, la fédération française des industriels du médicament, ce plan propose notamment de définir un ensemble de "médicaments d'intérêt sanitaire et stratégique" pour lesquels des mesures de gestion de pénurie (stocks de sécurité mobilisables, suivi plus précoce des stocks, etc.) devraient être renforcées.