VIDEO. Vaccins à ARN messager anti-Covid-19 : "On manque de recul, on n'a toujours pas les publications scientifiques", déplore le professeur Caumes

Si l'infectiologue déclare qu'il se fera "évidemment" vacciner, il reconnaît avoir des réserves par manque d'informations sur les vaccins annoncés notamment par Pfizer et Moderna.

FRANCEINTER / RADIOFRANCE

"Malheureusement, on manque de recul, on n'a toujours pas les publications scientifiques" sur les vaccins à base de matériel génétique (ARN messager) pour lutter contre le Covid-19, a déploré mardi 8 décembre sur France Inter Éric Caumes, chef de service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Pitié-Salpêtrière (AP-HP). "Les dossiers sont à l'Agence des médicaments américaine et européenne, mais on n'y a pas accès."

>> Le Royaume-Uni lance sa campagne de vaccination anti-Covid. Les dernières informations dans notre direct.

Éric Caumes a déclaré qu'il se ferait vacciner "évidemment" contre le Covid-19, "c'est incontestable", a-t-il ajouté. "Pour un spécialiste des maladies infectieuses, les vaccins sont le plus grand progrès de la médecine avec les antibiotiques". Il a en revanche émis des réserves sur les vaccins à ARN messager qui sont en train d'arriver, ceux notamment de Pfizer et Moderna. "Pour l'instant, je ne sais pas ce que ça vaut. Je n'ai pas le recul nécessaire. Je n'ai toujours pas vu une publication scientifique qui corresponde à ces vaccins".

Me faire vacciner avec des produits que je ne connais pas, dont je n'ai d'information que par les communiqués de presse des laboratoires pharmaceutiques, c'est quand même leur faire une confiance aveugle et absolue.

Éric Caumes, chef de service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Pitié-Salpêtrière (AP-HP)

à France Inter

Un Français seulement sur deux est prêt à se faire vacciner, d'après un sondage récent Odoxa pour franceinfo et Le Figaro.

La stratégie vaccinale en trois étapes est jugée "complètement cohérente" par Éric Caumes, auteur d'un essai Urgence sanitaire. "Il fallait commencer par les personnes les plus à risque de formes graves, c'est-à-dire les personnes très âgées. Il n'y a pas de vaccins pour tout le monde, donc il faut des priorités."