Covid-19 : "On est sur la vague descendante", se félicite le professeur Philippe Amouyel

En une semaine, le nombre de cas a baissé de 20%. Il faut être optimiste mais rester prudent selon Philippe Amouyel.

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"Pour atteindre cette immunité collective, il faudra atteindre 90% de vaccination et le seul moyen, c'est de la rendre obligatoire", souligne Philippe Amouyel. (FRED TANNEAU / AFP)

Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille, fait part ce dimanche 5 septembre sur franceinfo de son "optimisme prudent", au sujet de l'évolution de l'épidémie de coronavirus. "On est sur la vague descendante", analyse-t-il.

Le nombre de cas a baissé de 20% en une semaine, a rappelé dimanche 5 septembre le directeur général de la Santé Jérôme Salomon. Philippe Amouyel se prononce en faveur de la vaccination obligatoire, qui permettrait d'après lui d'atteindre l'immunité collective.

franceinfo : Le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, se félicite de la baisse du nombre de nouveaux cas. Est-ce que vous partagez cet optimisme ?

Oui, un optimisme prudent. En effet, on est sur la vague descendante maintenant. Donc c'est positif, néanmoins on reste sur des taux d'incidence élevés, aux alentours de 150. On a une tension hospitalière qui continue à être élevée. Donc le moindre dérapage pourrait nous amener à une tension hospitalière. Mais pour l'instant, la digue a bien tenu.

Qu'est-ce que vous appelez dérapage ?

Ce qui fait la vague épidémique, c'est la contamination, mais c'est surtout la contamination des plus fragiles, qui vont rentrer en hospitalisation et en réanimation. La saturation des réanimations entraine la crise sanitaire, puisqu'on est obligés de déprogrammer, de stopper un tas d'activités dans les hôpitaux. Donc si on arrive à contenir cette vague, donc mettre une espèce de digue, qui est la vaccination des plus fragiles, on a une chance de passer cette dynamique difficile tout en restant prudents sur les brassages liés à la rentrée scolaire.

Est-ce que l'arrivée prochaine de l'automne est de nature à vous inquiéter ?

On n'est pas dans les mêmes circonstances que l'année passée. Parce qu'on a un taux de vaccination qui est important, à près de 50 millions de primo-vaccinés. C'est une chose dont il faut tenir compte. Certes, ce n'est pas l'immunité collective, mais ça ralentit la pénétration du virus. Et ça la ralentira d'autant que, même si les températures baissent, même si nos relations changent et se recentrent vers le privé, on pourra là encore éviter de nouvelles contaminations.

Vous pensez qu'on peut aller encore plus loin dans la vaccination ?

Aujourd'hui, 50 millions de Français sont vaccinés, ça veut dire qu'il reste à peu près 6 à 7 millions d'adultes qui ont besoin d'être vaccinés, dont 600 000 fragiles. Il reste 2,5 millions de 12-18 ans. Et là il faut souligner qu'il y a eu un vrai engouement pour la vaccination. Il reste les moins de 12 ans pour lesquels les gestes barrières s'imposent. Donc avec ces différentes populations, on arrive à un seuil important de vaccination. Et pour atteindre cette immunité collective, il faudra atteindre 90% de vaccination, un taux élevé à cause du variant Delta. Et le seul moyen, c'est de la rendre obligatoire.

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