Natalité italienne : le chèque attribué aux familles ne suffira "probablement pas pour le long terme", estime le chercheur Gilles Pison

Le Sénat italien a approuvé le versement d'une allocation mensuelle de 250 euros par enfant jusqu'à ses 21 ans pour faire face à la surmortalité liée au Covid-19. Pour le chercheur Gilles Pison, la mesure ne suffira pas à inverser la baisse de la natalité dans le pays.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Les familles italiennes bénéficieront d'une allocation de 250 euros par mois pour chaque enfant jusqu'à ses 21 ans. Photo d'illustration  (RICCARDO GIORDANO / IPA / MAXPPP)

Le chèque mensuel attribué aux familles italiennes dès le premier enfant, na va "probablement pas" suffire "et pas pour le long terme" à endiguer la dénatalité, a affirmé lundi 5 avril sur franceinfo Gilles Pison, professeur au Muséum national d'histoire naturelle, chercheur associé à l'Ined, l'institut national des études démographiques, alors que le Sénat italien a approuvé une allocation de 250 euros mensuels par enfant, jusqu'à l'âge de 21 ans, pour faire face à la baisse de démographie engendrée par la crise du Covid-19.

"Cela fait une trentaine d'années que la fécondité est relativement faible dans les pays d'Europe du Sud, Portugal, Espagne, Italie, Grèce, et nettement plus faible que dans les pays du Nord, les pays scandinaves, mais aussi la France, le Royaume-Uni", détaille Gilles Pison. "C'est en partie lié à l'importance des politiques familiales en termes de part du PIB." Dans les pays du Nord, ce sont "3 à 4% du PIB" qui sont consacrés aux aides aux familles, contre "1,5% dans les pays du Sud". Cette moindre fécondité dans les pays du Sud est constatée "depuis déjà une trentaine d'années".

Une "grande stabilité de la fécondité" en France

Selon le chercheur "ce n'est pas tellement lié à l'importance en soi des aides financières, mais plutôt à la difficulté pour les femmes de concilier le travail et cette filiation". Si elle est "difficile partout", elle s'avère "plus difficile dans le Sud que dans le Nord". Ces politiques familiales "visent à assurer une sorte de meilleur partage des tâches à la maison entre hommes et femmes, et les pays du Sud sont encore très inégalitaires, même si cela progresse. Mais cela prend du temps".

"Il n'est pas sûr qu'un montant plus élevé des aides sous forme de chèques change beaucoup la donne."

Gilles Pison, chercheur associé à l'Ined

à franceinfo

En France, le chercheur souligne que, "sur le long terme, depuis la fin du baby-boom, la fécondité est relativement stable en France. Les femmes ont environ deux enfants en moyenne chacune". Et il juge que "globalement la politique familiale française est importante et très diversifiée". Si elle peut être "adaptée" pour notamment "fournir des aides dès le premier enfant", Gille Pison ne croit pas que "la France doive se préoccuper de mesures proprement natalistes", car il souligne "une grande constance, une grande stabilité de la fécondité qui met la France en tête en Europe".

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.