Justice : 13 500 détenus en moins dans les prisons françaises depuis le début du confinement

Parmi ces détenus qui ont bénéficié d'une "libération anticipée", "une petite trentaine" sont des détenus radicalisés, indique Stéphane Bredin, directeur de l’Administration pénitentiaire, lundi sur franceinfo.

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Stéphane Bredin, directeur de l'Administration pénitentiaire. (THOMAS PADILLA / MAXPPP)

Le taux d’occupation des établissements pénitentiaires est à 97%, annonce ce lundi sur franceinfo Stéphane Bredin, directeur de l’Administration pénitentiaire. Il précise que depuis le début du confinement il y a eu "13 500 détenus en moins par rapport aux 72 500 détenus" avant la crise. Parmi ces détenus qui ont bénéficié d'une "libération anticipée", "une petite trentaine" sont des détenus radicalisés, indique Stéphane Bredin. "En réalité, ils seraient de toute façon sortis dans les deux mois qui viennent", précise-t-il.

franceinfo : Quel est le taux d'occupation moyen des prisons ?

Stéphane Bredin : On en est à 97% aujourd'hui, avec 13 500 détenus en moins par rapport aux 72 500 détenus avant la crise. Ce que ça change au quotidien pour les personnels, c'est qu'ils ont davantage de temps pour travailler, ce qui ne leur arrivait plus depuis des décennies. Dans une maison d'arrêt surpeuplée comme celles que l'on trouve en Ile-de-France, qui sont quelquefois à 180 ou 200%, la journée des surveillants est rythmée par ce qu'on appelle les tours : les tours de promenade, les tours de douche, les tours pour envoyer les différents mouvements dans une détention et donc le travail quotidien d'un surveillant c'est de la gestion de flux. Ce que permet la décroissance très rapide de la population pénale, c'est de retrouver le temps pour l'observation, le dialogue entre les surveillants et les détenus, le temps de lancer aussi activités plus qualitatives. Mais [ce chiffre de 97%] cache une disparité forte entre les établissements pour peine, c'est à dire les établissements condamnés, et les maisons d'arrêt où la surpopulation reste importante à 110%. Il y a un travail à faire dans ces établissements qui restent en partie d'entre eux surpeuplés.

Cela fait des années que la France est régulièrement critiquée et même condamnée par la Cour européenne des droits pour la situation dans ses prisons. Qu’a permis l’épidémie de coronavirus ?

Elle a permis une baisse inédite de la population pénale hébergée dans les établissements pénitentiaires. Tout l'enjeu, dans les semaines et les mois qui viennent, va être de maintenir les acquis et donc de prévenir une augmentation de nouveau importante de la population pénale dans les prisons. L'activité juridictionnelle, notamment de la justice pénale qui va reprendre progressivement dans les semaines qui viennent, va se traduire par une augmentation de la population pénale, ça c'est certain. Mais le tout ça va être de permettre l'application des peines et que cette augmentation de la population pénale ne soit pas trop brutale dans les mois qui viennent.

Parmi les détenus qui étaient en fin de peine et qui ont été libérés, confirmez-vous l’information du Point qui cite 130 détenus radicalisés libérés ?

L'hebdomadaire a confondu le chiffre théorique des détenus radicalisés qui étaient éligibles aux conditions permettant de sortir pendant la crise avec le nombre d'entre eux qui, réellement, ont pu bénéficier des libérations anticipées. Il y en a eu ne petite trentaine, peut-être. Ils seraient de toute façon sortis dans les deux mois qui viennent. Il se trouve que ces détenus radicalisés bénéficient tous d'un suivi par le service pénitentiaire d'insertion et de probation et donc d'une mesure judiciaire, à l'exception de deux d'entre eux qui ont bénéficié d'une très courte remise de peine.

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