Emmanuel Macron veut "emmerder les non-vaccinés" : "Il porte une parole que beaucoup de Français partagent", défend Christophe Castaner

Christophe Castaner, président du groupe LREM à l'Assemblée nationale, s'est réjouit mardi sur franceinfo qu'Emmanuel Macron "parle franchement" en évoquant dans un journal son envie "d'emmerder les non-vaccinés".

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Christophe Castaner, président du groupe La République en marche à l’Assemblée nationale, le 22 septembre 2021 sur franceinfo.
 (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

"Je comprends que cela détonne" mais "on a besoin de cette franchise", a défendu sur franceinfo mardi 4 janvier Christophe Castaner, après les propos d'Emmanuel Macron sur les non-vaccinés contre le Covid-19. "Les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder", a lancé le président de la République dans un face à face avec les lecteurs du journal Le Parisien. Le président du groupe LREM à l'Assemblée nationale a dénoncé "une polémique stérile" alors que les réactions politiques se multiplient pour dénoncer cette petite phrase.

franceinfo : Que pensez-vous des propos d'Emmanuel Macron et des réactions qu'ils ont suscités ?

Christophe Castaner : Peut-être que celles et ceux qui ont commenté dès ce soir n'ont pas pris le temps de lire l'interview. Peut-être qu'il y a des polémiques à apporter sur les propos du président sur l'Europe, le système de santé, l'éducation... Mais non, on voit bien qu'il y a une polémique stérile qui est en train de monter. Ce dont on parle, c'est une référence à la formule de Pompidou : "Il faut arrêter d'emmerder les Français." C'est cette formule que le président de la République a déclinée. La phrase ne choquait personne dans la bouche de Pompidou.

Comprenez-vous, malgré tout, que ces propos choquent ?

Le président de la République parle franchement, tant mieux. On a besoin de cette franchise et je pense que si vous interrogiez des personnels soignants qui sont dans des hôpitaux, des services d'urgences ou de réanimation, ils seraient les premiers à vous confirmer que le président de la République a raison. Une petite minorité met en péril notre système hospitalier et l'ensemble des libertés de chacun. Je comprends que cela détonne par rapport aux propos des oppositions parce qu'ils n'ont pas d'opposition franche. Par exemple, chez Les Républicains, Valérie Pécresse déclare être pour le pass vaccinal alors que [lundi] les députés LR votaient contre. Les propos du président donnent de la clarté et on en a besoin dans ce moment difficile pour le pays. Au, fond il porte une parole que beaucoup de Français partagent.

Est-ce que cela ne risque pas de diviser les Français ?

Une minorité qui met en risque la population française aurait raison ? Il ne faudrait pas les bousculer un peu ? Mon sentiment est qu'il faut sauver la vie des non-vaccinés malgré eux. Ce que nous faisons aujourd'hui, c'est avoir cette ambition. On peut être faible et céder aux menaces. Les parlementaires sont au quotidien menacés par ces gens et on ne parle pas d'emmerder mais de couper des têtes. Mon sentiment est qu'aujourd'hui nous devons convaincre. Trop souvent dans la vie politique on cherche à plaire et à plaire à tout le monde. Il y a un adage qui dit chez moi : "Ami de tout le monde, ami de personne." Il ne faut pas chercher à plaire. Nous sommes dans un combat contre un virus qui menace chacune et chacun d'entre nous et sur cela il ne faut pas chercher à plaire mais à avoir du courage politique. J'attends de l'ensemble des oppositions qu'ils soient à nos côtés, qu'ils votent les mesures que nous avons mis en œuvre dans le Ségur sur la revalorisation salariale et les embauches. Mais non, ils sont par nature toujours contre.

En parlant ainsi, Emmanuel Macron est-il encore le président de tous les Français ?

Bien sûr. Il est le président de tous les Français quand il invite les Français à être des citoyens qui se protègent les uns, les autres. Est-ce que considérer cette petite minorité qui met en risque chacune et chacun, avoir un discours ambigu sur la question vaccinale, c'est préserver les Français ? Je ne crois pas. C'est au contraire les menacer. Il faut avoir du courage politique, nous en avons malgré les menaces.

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