Covid-19 : une pauvreté "démultipliée" en France depuis le début de la crise sanitaire

L'épidémie de Covid-19 "a occasionné une aggravation d'une condition déjà dégradée, autant que l'exposition de nouveaux publics à la pauvreté", relève un rapport du Conseil national de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale, remis à Matignon mercredi. 

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France Télévisions
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Des bénévoles des Restos du coeur distribuent de la nourriture à des étudiants à Marseille, le 26 mars 2021.  (NICOLAS TUCAT / AFP)

Une probable "bombe à retardement" sociale du fait de l'épidémie de Covid-19. La crise sanitaire a "démultiplié" les situations de précarité en France, selon un rapport du Conseil national de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale (CNLE), remis au Premier ministre, Jean Castex, mercredi 12 mai. 

La crise liée à l'épidémie "a occasionné une aggravation d'une condition déjà dégradée, autant que l'exposition de nouveaux publics à la pauvreté", relèvent les auteurs du rapport. Cette pauvreté est "multidimensionnelle", affectant aussi bien la précarité monétaire que l'état psychologique, l'accès aux droits ou à la nourriture, ainsi que le sentiment d'isolement ou le décrochage scolaire, alertent-ils. 

"La crise a agi autant comme un révélateur que comme un accélérateur de la pauvreté."

Fiona Lazaar, présidente du CNLE

à l'AFP

Pour la présidente du CNLE et députée (ex-LREM) du Val d'Oise, la pandémie "a empêché des sorties de la pauvreté, précipité dedans des personnes qui étaient déjà sur le fil, et entraîné des arrivées inattendues dans les permanences sociales, comme celle des indépendants (commerçants, artisans, auto-entrepreneurs...) qui ont été particulièrement exposés au choc économique". 

"Il y a des filets de sécurité, comme le RSA, le chômage partiel, ou les aides ciblées, qui ont permis aux Français d'avoir un minimum pour vivre", souligne l'élue auprès de l'AFP. Celle-ci regrette toutefois "des carences", notamment pour aider les jeunes de moins de 25 ans. 

Jean Castex avait mandaté en janvier le CNLE, pour "caractériser" la pauvreté depuis le début de la pandémie de Covid-19. En 2019, la France comptait 9,1 millions de personnes dites "pauvres", c'est-à-dire avec moins de 1 070 euros net par mois. Ce chiffre pour l'année 2020 ne sera connu que fin 2021, mais les associations ont déjà alerté sur une explosion des demandes. 

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