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Covid-19 : "Toutes nos réanimations sont saturées", témoigne le chef des urgences de l'hôpital de Bobigny

Selon Frédéric Adnet, l’hôpital Avicenne est déjà à un taux de déprogrammation d'opérations de 20% et on lui demande de se préparer "à des déprogrammations plus élevées".

Article rédigé par France Info
Radio France
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Des soignants de l'hôpital Avicenne de Bobigny (Seine-Saint-Denis) prennent en charge un malade du Covid-19, le 8 février 2021. (BERTRAND GUAY / AFP)

"Notre inquiétude principale va dans les lits de réanimation", explique jeudi 11 mars sur franceinfo le professeur Frédéric Adnet, directeur médical du Samu de Seine-Saint-Denis et chef du service des urgences de l’hôpital Avicenne à Bobigny. Dans ce département, le taux d'incidence du Covid-19 dépasse les 400 cas pour 100 000 habitants, selon le ministre de la Santé Olivier Véran.

"Une perte de chance" pour certains patients

"Toutes nos réanimations sont saturées", alerte Frédéric Adnet. "Pour accueillir de nouveaux patients, on va être obligés de déprogrammer, et d'ouvrir de nouveaux lits avec du personnel qui, normalement, devait accueillir des patients avec des pathologies moins urgentes et moins graves, mais qui engendreront une perte de chance pour ces patients."

Selon le chef de service, l’hôpital Avicenne est déjà à un taux de déprogrammation de 20% et on lui demande de se préparer "à des déprogrammations plus élevées". Frédéric Adnet reconnaît avoir des lits de réanimation supplémentaires, mais il précise qu'il faut "les armer avec du personnel spécialisé" qui se trouve au bloc opératoire.

"C'est la chirurgie non-urgente qui va être la première impactée pour pouvoir accueillir davantage de patients Covid en réanimation."

Frédéric Adnet

à franceinfo

Lors de sa conférence de presse, jeudi, Olivier Véran a indiqué que les autorités sanitaires françaises se préparent à transférer "des dizaines, voire des centaines" de patients atteints de Covid-19 d'Ile-de-France vers d'autres régions, en raison de la situation particulièrement tendue dans les hôpitaux de cette région.

Frédéric Adnet l'assure : "S'il faut de nouveau transférer massivement des patients de réanimation d'Ile-de-France vers la province, on le fera". "On l'a fait lors de la première vague. On a l'expérience de ces transferts massifs." Mais il tient à faire remarquer qu'à "la différence de la première vague, toute la France est impactée par le Covid". Le médecin rappelle que lors de la première vague "des régions n'avaient quasiment pas de Covid" et il était "facile de trouver des places de réanimation".

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