Coronavirus : le président de la Fédération de l'hospitalisation privée demande "un dépistage systématique de tous les soignants"

Lamine Gharbi, le président de la Fédération de l'hospitalisation privée, assure de mobilisation totale de l'hôpital privé dans la gestion de la pandémie de coronavirus, mais regrette de ne pouvoir garantir la protection des soignants. 

La clinique Pasteur, à Guilherand-Granges. Les hôpitaux privés vont mettre en place jusqu\'à 4 000 lits de réanimation sur tout le territoire. 
La clinique Pasteur, à Guilherand-Granges. Les hôpitaux privés vont mettre en place jusqu'à 4 000 lits de réanimation sur tout le territoire.  (FLORENCE GOTSCHAUX / FRANCE-BLEU DRÔME-ARDÈCHE)

Pour accueillir les malades du coronavirus, il manque des milliers de bras alertait la semaine dernière sur franceinfo le patron de l'AP-HP Martin Hirsch. Face à la pandémie de coronavirus, le secteur hospitalier privé se mobilise aux côtés de l'hôpital public, mais comme partout les protections manquent. "Je demande un dépistage systématique de tous les soignants pour qu'ils sachent eux-mêmes s'ils sont porteurs", a déclaré lundi 30 mars Lamine Gharbi, président de la Fédération de l'hospitalisation privée, sur franceinfo.

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franceinfo. Le privé est-il pleinement mobilisé ?

Lamine Gharbi. Oui, depuis trois semaines nous avons déprogrammé l'ensemble de notre activité chirurgicale pour libérer de la place dans les établissements de soins, mettre en place les plans blancs, et surtout, on le voit en Île-de-France, dans les Hauts-de-France, dans le Grand Est, pour armer les lits de réanimation.

Pour armer les lits de réanimation il faut six conditions : avoir des masques et des lunettes de protection, des respirateurs, des pousse-seringues, des médicaments, des médecins et des infirmières. S'il manque un de seul de ces items, la chaîne s'arrête. Aujourd'hui, on manque de pousse-seringues, d'infirmiers et d'infirmières en fonction. Je lance un appel à la solidarité nationale afin que l'on puisse, dans les territoires qui ne sont pas encore touchés, se mobiliser soit en matériel, soit en personnel humain.

De combien de lits de réanimation disposent les hôpitaux privés en France ?

On va monter à 4 000 lits de réanimation, mais attention ce ne sont pas des lits de réanimation telle qu'on a l'habitude de le voir. Ce sont des lits de soins intensifs que l'on va "upgrader". C'est important de se mobiliser. En Île-de-France, la semaine dernière, nous avons mobilisé 300 lits de plus. Sur les 1 500 lits de réanimation disponibles en Île-de-France, le privé en assure 500. C'est tous ensemble que nous y arriverons. Chaque secteur va faire appel à ses forces, ses renforts. Nous l'avons fait au sein de la fédération. Il faut arrêter avec les barrières public-privé.

Comment est-ce que cela se passe concrètement ?

Ca se passe en bonne intelligence. On n'attend pas la directive de l'Agence régionale de santé pour se parler et échanger soit des bonnes pratiques, soit de la formation. Le message que je souhaite passer c'est que les hôpitaux se parlent et mettent rapidement en place des cellules de crise.

Quelle est la situation dans le Grand Est ?

Les cliniques du Grand Est prennent en charge 120 malades de réanimatio et 400 malades de médecine, mais cela évolue chaque jour et chaque jour les collègues créent des lits de réanimation supplémentaire. Il y a de la tension extrême et une mobilisation accrue que l'ensemble des partenaires devront avoir.

Avez-vous assez de masques dans les hôpitaux privés et les cliniques ?

Bien sûr que non. Nous n'arriverons pas à protéger l'ensemble de nos salariés qui sont au contact des malades ou supposés malades. Nous n'arriverons même pas à les dépister. Je demande un dépistage systématique de tous les soignants pour qu'ils sachent eux-mêmes s'ils sont porteurs. C'est effroyable de ne pas savoir et on voit qu'il y a des drames et que chacun a un repli identitaire qui est insupportable.