Coronavirus : des chercheurs français et allemands proposent que le traçage numérique des personnes contaminées soit géré par une autorité de santé

Ces spécialistes, chargés d'élaborer la future application européenne StopCovid, ont publié samedi leur proposition technique concernant ce système. 

A Paris, pendant le confinement lié à l\'épidémie de coronavirus, le 12 avril 2020.
A Paris, pendant le confinement lié à l'épidémie de coronavirus, le 12 avril 2020. (THOMAS MOREL-FORT / HANS LUCAS)

Il a été baptisé Robert. Les chercheurs français et allemands chargés d'élaborer la future application de traçage numérique des personnes contaminées par le Covid-19 ont publié, samedi 18 avril, leur proposition technique d'un système, géré par une autorité de santé centralisée, et qui fera l'objet d'un débat parlementaire en France.

Élaboré par les équipes de l'Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria) en collaboration avec les chercheurs de l'institut allemand Fraunhofer, le protocole Robert repose sur le partage, par les personnes détectées positives au Covid-19, d'une liste d'identifiants anonymes correspondant aux personnes qu'elles ont croisées pendant la durée d'incubation du virus et détectées grâce à la technologie sans fil Bluetooth. Ce protocole n'utilise pas les données de géolocalisation des smartphones.

"Le protocole Robert sera la base de ce qui sera soumis à la Cnil"

S'il est finalement retenu, il constituera le socle technique de l'application StopCovid, qui doit permettre d'aider à circonscrire l'épidémie de Covid-19 après la sortie du confinement le 11 mai. Cette publication représente "une étape importante" qui permet d'"éclairer concrètement sur la manière dont fonctionnera l'application", a déclaré à l'AFP le secrétaire d'Etat chargé du numérique, Cédric O.

"Le protocole Robert sera la base de ce qui sera soumis à la Cnil [le gendarme français des données personnelles] et servira au débat parlementaire" prévu le 28 avril, a-t-il ajouté, assurant également que "la Cnil aura à se prononcer à nouveau sur la version finale de l'application".

Le protocole est conçu de sorte que "personne, pas même l'Etat, n'ait accès à la liste des personnes diagnostiquées positives ou à la liste des interactions sociales entre les personnes", a expliqué le PDG de l'Inria, Bruno Sportisse, dans un communiqué.

L'historique de personnes croisées envoyé sur un serveur 

Dans ce système, un utilisateur de l'application diagnostiqué positif sera invité à "donner son consentement pour que son historique de crypto-identifiants rencontrés soit envoyé sur un serveur d'une autorité de santé sans divulguer ses propres crypto-identifiants". Tous les utilisateurs de l'application vérifieront périodiquement auprès de ce serveur si leurs propres identifiants figurent parmi ceux jugés "à risque".

Les autorités de santé garderont ainsi la main sur le système et pourront notamment ajuster les critères permettant d'évaluer le risque de contamination afin de diminuer le nombre de faux positifs (des personnes notifiées à tort d'une éventuelle contamination).