Envoyé spécial, France 2

VIDEO. "Personne n'en parlait" : une infirmière dénonce l'omerta à l'hôpital après la tentative de suicide d'une de ses collègues

Depuis l'enquête diffusée par "Envoyé spécial" en septembre 2017, la situation des hôpitaux publics français s'est encore dégradée : pour le premier trimestre 2018, on compte neuf suicides de soignants. Un tabou au sein des équipes, dont témoigne une infirmière dans cet extrait.

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Depuis l'enquête du magazine "Envoyé spécial" de septembre 2017, la situation des hôpitaux publics français s'est encore dégradée : neuf soignants ont mis fin à leurs jours durant le premier trimestre 2018. Epuisée par les heures supplémentaires – jusqu'à neuf nuits de garde successives – Pamela Ramez, infirmière aux urgences de Denain, a craqué elle aussi. Elle a pu être sauvée, mais jamais plus elle n'endossera sa blouse blanche. 

L'une de ses collègues a accepté de raconter, à visage caché, l'omerta qui régnait dans les équipes soignantes après la tentative de suicide de l'infirmière : "Personne n'en parlait." Très choquée, elle se met alors en colère devant une autre infirmière, qui lui répond : "Non, tu n'en parles pas."

"Parler, c'est se mettre en danger"

"Parler, c'est se mettre en danger, analyse le témoin, qui a préféré rester anonyme de peur de perdre son travail. C'est pas bien, de parler. On est là pour servir, c'est normal, on n'est pas là pour parler trop des problèmes." Et sinon ? Quelles seraient les conséquences pour un agent qui rendrait publiques les difficultés de son hôpital ? "On va le freiner au niveau de sa carrière", affirme-t-elle.

Après cette tentative de suicide qui a été reconnue comme accident du travail, Pamela Ramez a passé un mois en hôpital psychiatrique. A 28 ans, le métier de ses rêves l'a déjà usée.

Extrait de "Hôpital public, la loi du marché", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 12 avril 2018.

ENVOYÉ SPÉCIAL  / FRANCE 2. 12 avril 2018
ENVOYÉ SPÉCIAL  / FRANCE 2. 12 avril 2018 (ENVOYÉ SPÉCIAL / FRANCE 2)