Sans-papiers : une possible réforme de l'aide médicale de l'Etat soulève de "grandes inquiétudes"

Un rapport gouvernemental doit être rendu en octobre sur ce dispositif qui bénéficie à quelque 300 000 personnes. 

Des migrants à Nantes (Loire-Atlantique), le 3 juillet 2019. 
Des migrants à Nantes (Loire-Atlantique), le 3 juillet 2019.  (SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP)

Les inquiétudes des associations grandissent autour d'une possible réforme de l'aide médicale de l'Etat (AME) pour les sans-papiers qui craignent de voir disparaître ce dispositif. Selon Le Monde du jeudi 1er août, l'Inspection générale des finances (IGF) et l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) doivent rendre en octobre un rapport sur cette aide qui bénéficie à quelque 300 000 personnes, pour un coût annuel d'environ un milliard d'euros.

Le gouvernement n'a encore formulé aucune orientation quant à l'avenir de cette aide. Mais les membres de l'Observatoire du droit à la santé des étrangers, reçus jeudi au ministère de la Santé, en sont ressortis confortés dans leurs inquiétudes. "Le discours politique général nous inquiète et vient accréditer le fait que le gouvernement a des velléités de restreindre l'AME", estime Christian Reboul, l'un des responsables de Médecins du Monde, qui fait partie de l'Observatoire. 

Vers trois pistes de réforme ?

La mission, bâtie autour de l'inspectrice de l'Igas Fabienne Bartoli, a déjà mené plusieurs auditions au sujet de l'AME. Selon Le Monde, "Trois pistes de réforme ont notamment été abordées au cours des auditions : la mise en place d'un ticket modérateur (un reste à charge pour le patient), des centres de santé dédiés ou encore la réduction du panier de soins pris en charge. L'exclusion des soins psychiatriques serait par exemple à l'étude", précise le quotidien. 

Serpent de mer en matière de santé, l'AME divise de longue date la classe politique, la droite et l'extrême droite réclamant la suppression d'une mesure jugée onéreuse et injuste pour les Français, ou a minima un important coup de rabot, à l'image de la suppression de 95% de sa ligne budgétaire proposée l'an dernier par le Rassemblement national. Le Premier ministre Edouard Philippe a quant à lui vanté le mois dernier le "courage" de "lutter avec fermeté contre les abus"