Les enfants orphelins oubliés des politiques publiques et souvent en difficulté à l'école, selon une étude

L'Ifop et la fondation Ocirp publient, jeudi, une étude portant sur des projets autour des jeunes orphelins. Il s'agit de les faire sortir de l'oubli et de les faire exister. Invitée de franceinfo, Sylvie Pinquier-Badha, directrice de la Fondation, a expliqué que ces enfants souffrent d'être "invisibles".

(ERIC AUDRAS / MAXPPP)

L'Ifop et la Fondation Ocirp publient conjointement, jeudi 12 janvier, une étude sur des projets en faveur des jeunes orphelins. Ils sont trop souvent oubliés par les politiques publiques et ignorés à l'école. Quelque 1 083 enfants et jeunes de moins de 25 ans ayant perdu au moins un parent au cours de leur scolarité ont été interrogés, ainsi que 940 enseignants.

Sylvie Pinquier-Badha, directrice de la Fondation, a évoqué les résultats de cette étude sur franceinfo. Selon elle, "environ 800 000 jeunes seraient concernés en France". Ces enfants sont "invisibles", la dernière étude sur le sujet date de 2003.

Une attitude différente à l'école

"Il est donc difficile d'estimer réellement le nombre d'orphelins en France" estime la directrice de la Fondation. Ces enfants "refusent d'être stigmatisés, de toute façon, ils se sentent différents" poursuit-elle. Elle observe qu'ils ne souhaitent pas forcément en parler à l'école mais qu'ils ont envie que les enseignants le sachent "pour avoir ce regard bienveillant sur eux". Ainsi, plus de 60 % des enfants de plus de 15 ans ont fait "comme si de rien n'était" en retournant à l'école.

"Les enfants orphelins refusent d'être stigmatisés mais se sentent différents"
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L'étude dresse aussi le bilan de l'attitude de ces élèves à l'école. 77 % d'entre eux estiment avoir des problèmes de concentration, de mémorisation et des difficultés pour faire leurs devoirs. 40 % décrochent du système scolaire.  Mais l'effet contraire existe aussi, il y aussi ceux qui sont surinvestis dans le travail "avec l'envie de réussir pour le parent qui n'est plus là" ajoute la directrice. La majorité des enseignants a été confrontée à cette situation, mais face à ces enfants et à leur comportement "il y a une bonne volonté de la part des enseignants mais ils sont souvent démunis et ne savent pas comment réagir" conclut-elle.