Inceste : un sujet encore tabou en France

Le gouvernement a lancé, ce mercredi 1er mars, une série de mesures pour lutter contre les violences faites aux enfants. France 3 a recueilli le témoignage d'une femme victime d'inceste.

France 3

20 ans après les faits, elle souhaite que la vérité de son enfance éclate enfin. Elle témoigne en gardant l'anonymat. Elle affirme avoir été victime avec sa soeur, d'actes incestueux de la part de son beau-père. "Il aimait beaucoup nous regarder quand on se lavait ou quand on allait aux toilettes. Il aimait se toucher, ou nous toucher. Je me réveille en pleine nuit parce que mon beau-père a sa main sur mes parties intimes", témoigne la jeune femme devenue adulte.

"J'en veux beaucoup à la justice parce qu'on m'a laissé vivre dans le danger"

À l'époque des faits, la victime est placée avec sa sœur dans un foyer, pour absence d'hygiène et malnutrition. Pourtant, les services sociaux continuent d'envoyer les deux enfants pendant les week-ends et les vacances, chez leur mère, où vit encore leur agresseur. De nombreux signalements de l'époque provenant d'éducatrices ou de juges pour enfants soulignent que les deux soeurs évoquent ce comportement incestueux. "J'en veux beaucoup à la justice parce qu'on m'a laissé vivre dans le danger", assure la victime d'inceste. La mère a été complice pendant quatre ans et aurait tout vu. Le sujet est encore tabou dans la société : l'inceste a été inscrit au Code pénal il y a quelques mois.

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La ministre Laurence Rossignol a présenté mercredi 1er mars son plan de lutte contre les violences faites aux enfants. (Photo d'illustration.) (PIERRE HECKLER / MAXPPP)