L'agence européenne du médicament va réexaminer les pilules de 3e et 4e générations  

L'agence a été saisie par la France. Le réexamen doit déterminer s'il faut restreindre ou non leur usage aux femmes qui ne peuvent pas prendre d'autres contraceptifs oraux. 

Les pilules de 3e génération sont accusées de présenter des risques accrus d\'accidents thrombo-emboliques.
Les pilules de 3e génération sont accusées de présenter des risques accrus d'accidents thrombo-emboliques. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

L'agence européenne du médicament (EMA) va réexaminer les pilules contraceptives de 3e et 4e générations à la demande de la France, a indiqué lundi 28 janvier l'EMA, basée à Londres (Royaume-Uni). Ce réexamen doit "permettre de déterminer s'il est nécessaire de restreindre l'usage de ces médicaments aux femmes qui ne peuvent pas prendre d'autres contraceptifs oraux combinés (pilules œstroprogestatives)".

Les pilules de 3e et 4e générations, prises par 2,5 millions de femmes en France, sont aujourd'hui sérieusement mises en cause pour le risque accrû qu'elles présentent par rapport aux pilules de 2e génération. Il a été mis en lumière par le dépôt, à la mi-décembre, de la première plainte d'une jeune femme victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC) qu'elle impute à sa pilule. Depuis, une quinzaine de plaintes ont été déposées, et des dizaines d'autres pourraient suivre.

Un réexamen à la demande de la France

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, avait appelé en conséquence l'UE à réviser les autorisations de mise sur le marché de ces pilules. "Nous allons saisir l'Europe, pas pour suspendre [ces pilules] mais pour modifier" leurs indications de prescription, avait renchéri Dominique Maraninchi, le directeur de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).

L'Agence européenne du médicament (EMA) avait d'abord montré ses réserves, expliquant qu'elle n'avait "aucune nouvelle preuve" sur les risques de caillots sanguins provoqués par ces pilules.