Cancer : des perruques mieux remboursées

Chaque année, près de 50 000 patients ont recours à des prothèses capillaires.

Cancer : des perruques mieux remboursées
Cancer : des perruques mieux remboursées

Plus que quelques heures… A partir du mardi 02 avril, certaines perruques destinées aux femmes atteintes de cancer seront mieux voire intégralement remboursées par la Sécurité sociale. La mesure avait été annoncée le 21 juin dernier par Agnès Buzyn, ministre de la Santé. Pour les associations, c'est "une avancée", et non pas "un luxe" ou encore "une coquetterie". 

Une facture non négligeable

"Le cancer, c'est une série de pertes de la féminité dont celle des cheveux est la plus visible. Essayer de garder le visage qu'on avait avant, cela vous tire vers le haut", rappelle Céline Lis-Raoux, directrice de l’association RoseUp.

Chaque année, environ 50 000 patients recourent à des prothèses capillaires. Pour la majorité, ce sont des femmes, pour des prix parfois exorbitants, bien au-dessus du forfait de 125 euros jusqu'alors pris en charge par l'Assurance maladie. "Mes cheveux, c'était une partie de mon identité", raconte Vanessa Bonheur à l'AFP.  Lors d’un cancer, il est possible, entre autres, de rester tête nue ou de porter une perruque.

Vanessa Bonheur a choisit la deuxième option, par "peur du regard des autres", mais aussi, "pour être en accord avec le reflet dans le miroir". Montant de la facture : 644 euros, dont 375 euros pris en charge par sa mutuelle, auxquels s'ajoutent les 125 euros de la Sécu.

Un reste à charge moindre

"A compter du 02 avril, les règles changent", indique le ministère des Solidarités et de la santé, dans un communiqué publié ce 1er avril. Les perruques en fibres synthétiques dites de classe 1 seront remboursées à hauteur de 350 euros, montant qui sera aussi le prix plafond de ces articles. Autrement dit, ces perruques "de qualité" pourront être remboursées par l’Assurance maladie "sans reste à charge", indique le ministère. 

Les règles changent également pour les prothèses dites de classe 2. Le reste à charge des patients est également diminué pour ces perruques, constituées de cheveux naturels (au moins 30 %). Le nouveau tarif de remboursement est de 250 euros, "pour un prix maximum de vente à 700 euros", assure le ministère.

Une bonne chose face à "une injustice sociale", estime Elise. Diagnostiquée d'un lymphome à 29 ans alors qu'elle était enceinte de jumeaux en 2015, elle a déboursé "500 euros de sa poche" pour sa prothèse, afin notamment d'éviter des réflexions déplacées sur sa condition de femme malade et enceinte. "Il faut avoir les moyens, j'ai eu cette chance".