Lait infantile contaminé : l'interview du PDG de Lactalis "ne clôt pas le sujet", pour une association de défense des usagers

François Carlier, délégué général de l'association de défense des consommateurs Consommation logement et cadre de vie, a expliqué, dimanche sur franceinfo, que la sortie du PDG de Lactalis Emmanuel Besnier arrivait tardivement et que ce serait à la justice d'éclaircir cette affaire.

L\'entrée du local de l\'association Consommation logement et cadre de vie, à Nancy (Meurthe-et-Moselle), le 18 février 2016.
L'entrée du local de l'association Consommation logement et cadre de vie, à Nancy (Meurthe-et-Moselle), le 18 février 2016. (MAXPPP)
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La prise de parole du PDG de Lactalis, Emmanuel Besnier, dans le Journal du dimanche, dimanche 14 janvier, pour la première fois depuis le début de la crise du lait infantile contaminé, n'a pas satisfait le délégué général de l'association de défense des consommateurs Consommation logement et cadre de vie (CLCV). Pour François Carlier, dimanche sur franceinfo, "quand ils ont commencé à détecter la salmonelle dans l'usine, on n'a pas tout à fait l'impression qu'ils aient enclenché très vite la procédure de rappel".

franceinfo : Est-ce qu'Emmanuel Besnier, le PDG de Lactalis devait parler, selon vous ?

François Carlier: Il devait parler depuis longtemps. Son intervention arrive, quand même, de façon très tardive et elle ne clôt pas le sujet. Il fait un rappel des produits qui est toujours une bonne chose à faire. Je crois qu'il envisage aussi des indemnisations, donc, en soi, c'est un geste qui est tardif, mais toujours le bienvenu. En ce qui concerne le respect ou non de la réglementation, ce n'est pas à Emmanuel Besnier de le dire. C'est le rôle d'un juge d'instruction qui sera nommé et cela va être à l'enquête de déterminer ce qui s'est réellement passé. Je le répète, ce sera au juge et à l'enquête de déterminer ce qui s'est réellement passé, parce que nous, ce qui nous inquiète le plus, c'est qu'il semblerait que les problèmes dans cette usine aient commencé il y a plusieurs mois et que la procédure de rappel a été enclenchée fort tard. C'est vraiment là-dessus qu'on attend les résultats de l'enquête judiciaire.

L'absence d'explications précises sur l'origine de la contamination, paraît tout de même troublante ?

Oui, elle est troublante. On entend l'idée qu'il n'y a pas de risque zéro, c'est vrai, mais ce type de contamination aussi lourde n'arrive quand même pas souvent. On s'interroge beaucoup sur leur réaction initiale. Quand ils ont commencé à détecter la salmonelle dans l'usine, on n'a pas tout à fait l'impression qu'ils aient enclenché très vite la procédure de rappel. Je crois que, au début, ils n'avaient pas très envie de communiquer et jouer la transparence. Maintenant, ils le font, parce qu'ils n'ont pas vraiment le choix, mais ils ne l'ont pas fait au début. C'est toute cette chaîne de décision qui va devoir être analysée par tous.

Emmanuel Besnier affirme que toutes les familles seront indemnisées. Sous quelle forme vont-elles l'être ? Une mère de famille a refusé les 15 000 euros proposés par Lactalis et a préféré porter plainte.

À la CLCV, on connaît bien cette question : faut-il ou non accepter ce type d'indemnisation ? Le seul conseil que je pourrais donner aux familles est de prendre un avocat et de voir. Après, c'est toujours un peu une négociation. Il n'y a donc jamais de décision parfaite en la matière. En tout cas, il faut vraiment se faire assister d'un avocat et ne pas se précipiter.