Où en sont les poursuites dans l'affaire du Mediator ?

La justice espère boucler l'enquête mi-février, avant la tenue d'un "grand procès" en 2015. L'occasion de faire le point sur cette affaire.

Jacques Servier lors du procès du Mediator, le 21 mai 2013, au tribunal correctionnel de Nanterre (Hauts-de-Seine).
Jacques Servier lors du procès du Mediator, le 21 mai 2013, au tribunal correctionnel de Nanterre (Hauts-de-Seine). (MAXPPP)

Le calendrier judiciaire se précise dans l'affaire du Mediator. La justice espère boucler mi-février l'enquête sur le principal volet de ce scandale sanitaire, a indiqué jeudi 16 janvier le parquet de Paris. Il a également annoncé une jonction partielle des deux procédures pour permettre la tenue d'un procès en 2015 visant tous les acteurs impliqués. Francetv info fait le point sur l'affaire de cet antidiabétique du laboratoire Servier, détourné comme coupe-faim et retiré du marché fin 2009. 

L'enquête est-elle terminée ?

Non, car pour permettre la tenue d'un procès au plus vite, le procureur de Paris a décidé de se concentrer sur 328 victimes pour lesquelles "toutes les investigations, notamment médico-légales, étaient terminées sans soulever de contestations de la part de la défense". Pour 49 d'entre elles, il est désormais avéré qu'il y a un lien de cause à effet entre la prise du Mediator et les pathologies constatées comme des valvulopathies ou de l'hypertension artérielle pulmonaire. Le travail des enquêteurs continue donc pour les quelque 2 100 décès dont le Mediator serait responsable depuis.

Une deuxième information judiciaire est en cours et porte notamment sur des faits de tromperie, d'escroquerie et de trafic d'influence. La jonction des deux affaires doit permettre la tenue d'un grand procès sur tous les aspects du scandale et la responsabilité de l'ensemble des acteurs, et pas uniquement celle du laboratoire ou de Jacques Servier. L'Agence nationale de sécurité du médicament est ainsi mise en examen pour homicides et blessures involontaires.

Y a-t-il déjà eu des indemnisations financières ?

Oui, au moins une en tout cas. Le 20 novembre dernier, une femme de 59 ans, dont la pathologie cardiaque a été imputée au Mediator, a obtenu une importante indemnisation extrajudiciaire de la part des laboratoires Servier et a retiré sa plainte. On ignore le montant de l'indemnisation, mais son avocat avait estimé le préjudice à 350 000 euros.

Cette démarche pourrait faire boule de neige, selon France Info. Déjà, en novembre, cet avocat avait été contacté par deux autres plaignants qui souhaitaient suivre cet exemple d'ici à l'ouverture du procès.

Que devient le laboratoire Servier ? 

Le numéro 2 du groupe Servier, le président opérationnel, Jean-Philippe Seta, mis en examen en avril pour tromperie, escroquerie ou encore trafic d'influence, a été débarqué le 4 octobre, rapportait Le Monde. Officiellement, pour des "divergences de vues avec le docteur Jacques Servier sur la stratégie et la vision d'avenir du groupe".

Mais les ennuis du laboratoire ne se limitent pas au Mediator. Le Protelos, un traitement contre l'ostéoporose, est soupçonné d'augmenter le risque d'accidents cardiaques et de thromboses. L'Agence européenne du médicament a demandé sa suspension, le 14 janvier.