Le Québec aux urnes : la question indépendantiste est sortie des radars

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Le parti au pouvoir de centre droit, la CAQ part favori de ces élections législatives dans "la Belle Province". Et la question de l’indépendance de la Province, autrefois centrale dans les débats au Québec, a été absente de la campagne.

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Radio France
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Des affiches de campagne dans les rues de Montréal, le 29 septembre 2022. (MATHIEW LEISER / AFP)

Il n’est pas si lointain, le temps, en 1995, où les 8 millions d’habitants du Québec avaient été sur le point de s’affranchir du Canada. Les partisans de l’indépendance n’avaient échoué qu’à 50.000 voix près. Une génération plus tard, cet enjeu a donc disparu des débats politiques. La question de l’identité, de la spécificité québécoise au sein du Canada est toujours présente mais elle se concentre uniquement sur deux sujets concrets, on l’a vu pendant la campagne. Le premier, c’est la défense de la langue française, langue officielle de la Province. La pratique du français connait une lente érosion : en 20 ans, le nombre de Québécois qui parlent français à la maison, est passé de 81% à 77%. En mai dernier, le parti au pouvoir a fait passer une nouvelle loi, le texte 96, qui entend renforcer l’obligation de parler français. Ce qui conduit au 2e sujet de débat : l’immigration. En raison de sa démographie vieillissante, la province francophone manque de bras. Au moins 250.000 emplois ne sont pas pourvus. Le Québec a donc besoin d’immigrants, et les candidats sont pour la plupart, anglophones. Lors du grand débat télévisé de la semaine dernière, entre les principaux candidats, les discussions ont été animées, d’une part sur le quota annuel d’immigrants autorisés (40.000, 50.000, 70.000, 80.000). Et surtout sur la nécessité de "franciser" ces immigrants anglophones. Donc immigration et langue française, voilà les sujets. Mais de l’indépendance il n’est plus question.  

La double érosion de la langue française et du parti québécois

Cette évolution s'explique aussi au déclin du mouvement politique qui incarnait cette aspiration, le parti québécois, le PQ, comme tout le monde l’appelle au Québec. Il est crédité cette fois-ci de 15% des intentions de vote. C’est un léger redressement par rapport au début de la campagne où il stagnait en-dessous de 10%. Mais ça reste assez bas. Trois autres partis, les libéraux, les conservateurs, et Québec solidaire, sont également évalués aux environs de 15%. Mais le favori et vainqueur probable du scrutin de lundi 3 octobre, c’est la CAQ, Coalition Avenir Québec, annoncée autour de 35%. Son leader François Legault, au pouvoir depuis quatre ans, a siphonné une partie de l’électorat du parti québécois. Legault est lui-même un ancien membre du PQ, mais il se revendique plus nationaliste qu’indépendantiste. Cet ancien multimillionnaire aux accents populistes ne croit pas à l’indépendance. Mais il tient volontiers des propos anti-immigrants. Il se veut "nationaliste québécois" à l’intérieur du Canada.  

Priorité au coût de la vie et à l'environnement

L’indépendance n’est donc plus à l’ordre du jour, également parce qu’il y a d’autres sujets; chez les plus jeunes, la question de l’indépendance appartient au passé. Pour eux, la priorité, c’est l’environnement. C’est aussi le coût de la vie, l’inflation. Et aussi la probité des élus : pour la petite histoire, l’une des controverses de la campagne a porté sur le recours, par le parti au pouvoir, au cabinet Mc Kinsey, pour l’aider à gérer la pandémie, un contrat un peu opaque de six millions de dollars. Ça nous rappelle quelque chose en France. En tout cas, quand on demande désormais aux Québécois quel est pour eux  le sujet prioritaire, la souveraineté ou l’indépendance ne sont plus cités en premier que par 2% des habitants.    

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