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Coronavirus : l'Inde enregistre le record mondial du nombre d'infections en 24h

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Le nombre de cas est en train d’exploser dans tout le sous-continent indien, mais le nombre de décès reste relativement limité.

Article rédigé par
Jean-Marc Four - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Une femme se fait dépister du Covid-19 à Allahabad (Inde), le 26 août 2020. (SANJAY KANOJIA / AFP)

Un chiffre donne l'ampleur de la propagation : lors de la seule journée du dimanche 30 août, l’Inde a enregistré précisément 78 761 nouveaux cas de coronavirus. Quasiment autant, lundi 31 août : 78 512. C’est sept fois plus qu’au mois de juin, et c’est un record mondial : jamais un pays n’avait connu un nombre aussi élevé de nouveaux cas positifs en l’espace de 24h, même pas les États-Unis lors de la flambée de début juillet.

L'Inde est certes, avec la Chine, le pays le plus peuplé au monde, 1,3 milliard d’habitants. Et c’est vrai aussi que le nombre de morts (un peu plus de 64 000 en Inde) reste relativement faible quand on le rapporte à la population globale. Mais il n’en reste pas moins que la situation se dégrade. L’Inde compte désormais au total plus de 3 millions et demi de cas de contaminations. Plus globalement, l’Asie, depuis le 24 août, est devenue le continent où la propagation est la plus rapide, plus encore que l’Amérique du Sud, pourtant particulièrement touchée cet été.

Les campagnes, nouveaux foyers de l'épidémie

Il y a deux raisons majeures à l’explosion du nombre de cas. La première, comme un peu partout, c’est l’augmentation du nombre de tests. La seconde est spécifique à l’Inde : c’est la propagation du virus aux campagnes. Au départ, ce sont les grandes métropoles qui ont été touchées : Mumbai, New Delhi. Un confinement radical a été instauré à partir du 25 mars. Des structures d’accueil des malades ont été mises en place à vitesse éclaire : on a réquisitionné des trains, des hôtels, des salles de mariage. Et l’épidémie a été relativement enrayée.

Mais l’économie s’est arrêtée, comme partout, et les travailleurs migrants, qui représentent près de 50% de la force de travail dans les villes, sont alors rentrés chez eux, dans les campagnes. Ils ont alors ramené le virus avec eux. Des régions rurales comme le Maharashtra ou l’Uttar Pradesh sont particulièrement touchées aujourd’hui, et constituent les réservoirs de main d’œuvre de Mumbai et New Delhi. Pour ce qui est du nombre limité de morts, il y a deux explications là-aussi. D’une part, la population est très jeune : 28 ans d’âge médian. D’autre part, les chiffres sont dans doute un peu sous évalués, faute d’un recensement fiable.

Un PIB en recul de 24% au 2ème trimestre

Paradoxalement, malgré cette explosion du nombre des cas, le gouvernement allège les restrictions, pour une raison simple : il faut sauver l’économie. Elle a plongé : 24% de chute du PIB au dernier trimestre, record mondial. La pauvreté explose, touchant près de la moitié de la population. Les classes moyennes n’arrivent plus à joindre les deux bouts. Les rentrées fiscales sont en net recul. Le gouvernement nationaliste au pouvoir a décidé, samedi 29 août, de faire redémarrer le trafic des métros, d’autoriser à nouveau les rassemblements jusqu’à 100 personnes. Les dérogations au droit du travail se multiplient. Seuls les établissements scolaires restent totalement fermés. Ces allègements sont donc un pari, mais un pari très incertain.

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