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Transportez-moi. Les marins d'eau douce

Avec ses 8.000 km de voies navigables, la France est un territoire parfaitement adapté au développement du transport fluvial. Au-delà de matelots et navigants, le secteur propose de multiples emplois. 

Article rédigé par France Info, Gérard Feldzer
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Une péniche de transport de frêt en manœuvre dans l'écluse de Gambsheim, sur le Rhin en Alsace. (JEAN-MARC LOOS / MAXPPP)

Le transport en eau douce a un bel avenir devant lui. Avec des bateaux et péniches à faible consommation énergétique, ce secteur constitue un atout très fort dans la décarbonation des activités de transport, en particulier celles liées au fret. Des matelots aux éclusiers, le secteur fluvial regorge de professions passionnantes.

Dominique Ritz est le directeur territorial pour le bassin de Seine-Loire Aval pour les Voies navigables de France (VNF): “On a des métiers de navigants qui sont assez spécifiques au fluvial, mais vous retrouvez des techniciens pour entretenir et gérer, ainsi que des professions liées à la logistique. Tout cela reste néanmoins mal connu, et il faut reconnaître que nous avons des difficultés à recruter, alors que ce sont de beaux métiers !”

Les plus nombreux sont sans doute les matelots. Ils touchent à tout, de l’entretien courant aux manœuvres d'amarrage ou de guidage. Pour accéder à ces métiers, un CAP ou un bac professionnel navigation sont recommandés, suivis dans un cadre d’une grande proximité avec les bateliers.

"Ce n'est pas un métier qu’on apprend de façon purement théorique, assis derrière un bureau, explique Rogine Dourlent, marinière. L’apprentissage ne permet pas toujours de rencontrer toutes les conditions : la glace, le vent, les crues, les inondations. Quelqu’un qui voudrait se lancer, je lui dis “Progressez lentement, et avec beaucoup d’intelligence”".

Un voyage permanent

Les apprentis tombent pour beaucoup amoureux de ce mode de vie au fil de l’eau, de cette forme de voyage permanent, souvent contemplatif. “J’ai un sentiment de liberté, d’indépendance et d’autonomie” raconte Rogine Dourlent. Si les rémunérations peuvent être très valorisantes, le secteur a toutefois du mal à recruter, du fait d’une diminution du nombre de jeunes aspirant à une vie de voyage, loin de chez eux.

La filière a su s’adapter et proposer de nombreux métiers qui répondent aux aspirations de la jeunesse. Dominique Ritz assure que “la voie fluviale est en train de proposer des métiers qui n’exigent plus de découcher ou en tout cas peu, et qui sont beaucoup plus compatibles avec des aspirations de vie plus régulée, où l’on va rentrer le soir, pouvoir vivre en famille.”

Pour assurer le transit sur les canaux fluviaux et la gestion de l’eau, 600 personnes sont employées sur le bassin de la Seine. Les canaux étant constitués de plusieurs tronçons de hauteur d’eau différentes, les éclusiers sont essentiels à la bonne marche des bateaux. Proches de la nature, ils participent également à l’immense système fluvial, pourvoyeur de nombreux autres services.

Dominique Ritz décrit une multitude d’autres emplois : “La pêche, l’alimentation en eau potable, le refroidissement d’installations industrielles, la lutte contre les inondations.” Le fluvial ne manque pas de métiers originaux et souvent méconnus comme gérant de péniche hôtel, expert pour la certification des coques, examinateur du permis, sans compter les nouvelles idées qui, demain, donneront naissance à des centaines d’emplois. 

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