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Le succès du co-voiturage bouscule les habitudes

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On compte plus de 3 millions d'usagers du co-voiturage en France, un mode de transport qui se développe fortement grâce, notamment, aux nombreux sites internet, forçant les acteurs traditionnels, comme la SNCF, à réagir. L'auto-stop des temps modernes, en quelque sorte...
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min.
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L'auto-stoppeur vu par Coluche
ne serait plus d'actualité, car l'auto-stop d'aujourd'hui s'appelle
le co-voiturage.

Pour voir le sketch de l'auto-stoppeur, cliquez sur l'image

Les
Européens, dont la France pour des raisons diverses (forte progression des
applications smartphone, volonté des communautés urbaines, écologie et
économie...) adoptent le co-voiturage.  Environ 20 millions de transports
individuels sont effectués chaque année et le chiffre de 100 millions de déplacements
semble réaliste avant 3 ans.

Rien que
pour Blablacar , présent dans une dizaine de pays,
la progression est de 100% par an depuis 4 ans. Frédéric Mazella, son
fondateur, nous explique que :"90% des voitures voyagent
avec une seule personne à bord, et elles passent 95% du temps dans le parking
ou sur la chaussée. Mieux utilisées elles renforcent le lien social et
diminuent le coût de revient de chaque automobiliste."

De plus la
qualité reste au rendez-vous puisqu'il s'agit de voyages en "porte à
porte" sans rupture de charge, contrairement aux transports en commun.

Rien
n'indiquait au départ que Frédéric Mazella, normalien, physicien, passé par la Nasa
aux Etats-Unis et par les télécoms au Japon allait devenir le leader européen
du co-voiturage. Il nous explique comment il a démarré il y a une dizaine
d'année. "Je voulais me rendre chez mes parents en Vendée pour Noël,
tous les trains étaient pleins, mais les voitures étaient vides, alors j'ai
développé un site qui permettait de mettre en rapport les co-voitureurs en
partageant les frais d'essence et de péage."

Blablacar
et ses 100 salariés, compte aujourd'hui plus de 5 millions d'adhérents en
France et en Europe et transporte chaque mois 700.000 personnes soit
l'équivalent de 1.500 TGV !

Le site
garantit l'identité des co-voitureurs qui peuvent alors réserver leur place
comme pour le train ou l'avion mais pour au moins quatre fois moins cher ! Et
on peut même afficher ses préférences comme l'explique Frédéric Mazella.
"Par exemple à l'inscription sur le site, si on aime beaucoup parler on
est
blablabla, si on préfère parler peu on est bla, le tout étant
en voiture : d'où le nom
blablacar..." 

Pour
l'instant, 70% des adhérents ont moins de 35 ans, mais cela évolue, car les
nouvelles technologies (internet, smartphone) deviennent
trans-générationnelles, ainsi "Yvette, 72 ans, fait le trajet
Paris-Paimpol tous les mois, et embarque volontiers des co-voitureurs,"

nous indique goguenard Frédéric Mazella,  et il ajoute avoir déjà réalisé
plus de 30 millions de rencontres !

Que ce soit
pour aller au travail, partir en vacances, aller à un festival ou un concert,
le co-voiturage devient un acteur incontournable de nos déplacements.

BONUS :

L'un qui pleure et l'autre qui rit! lorsque la SNCF tousse, et que les trafics s'immobilisent (accidents comme à Bretigny, ou grèves, ou encore mauvais temps..), les usagers s'organisent et découvrent le co-voiturage. Une fois essayé, ils finissent par l'adopter.

"
Les grèves de la SNCF nous ont d'ailleurs aidé à décoller ",
assure
Frédéric Mazzella.

Blablacar table sur un trafic équivalent à celui d'Eurostar fin 2013. Son coeur de cible est le trajet moyen-longue distance (distance moyenne 350 kms). Les acteurs traditionnels ;, comme la SNCF, sont donc poussés à réagir.

Carpooling,
http://www.carpooling.fr/, Autre
acteur important, crée à Munich en 2001 revendique lui aussi le leadership
Européen, mais il est très majoritairement situé en Allemagne.

L'environnement
, mais aussi la crise économique peuvent expliquer l'essor du covoiturage :
les frais partagés font qu'on trouve un paris Lille ou Paris Lyon pour moins de
30€ alors que le TGV, surtout au dernier moment, peut atteindre des sommets
jusqu'à 120€ !! et même s'il est plus long " le covoiturage, offre
 un trajet porte-à-porte, alors que le
train fait du gare-à-gare ",
objecte Frédéric Mazzella.

La
mise en relation entre l'offre et la demande se fait par internet, ce qui
permet de sécuriser et permet de surmonter la défiance de "voyager avec une
personne inconnue" : photo du conducteur, retour d'expérience, évaluation des
usagers....et puis on peut identifier les passions de chacun, ce qui peut
favoriser les conversations...pas de doute le co-voiturage est un lien social que
l'on ne retrouve pas dans les transports en commun.

La SNCF
a pris conscience de la menace , en lançant iDbus, l'offre de voyage longue
distance en autocar, attractifs par les prix , mais aussi sur des services
comme  l'accès au wi-fi à bord.

Cette
dernière qui n'a pas su anticiper le succès du co-voiturage, " se raccroche aux wagons "
et a également lancé ses propres initiatives de covoiturage en Ile-de-France,
afin d'encourager les trajets partagés entre les domiciles et les gares. Des
places réservées sur certains parkings et des réductions dans certaines gares
sont offertes pour encourager les inscriptions.

Le
poil à gratter de David face Goliath
qui réagit pour le bénéfice du client, est finalement une bonne chose ! à condition de ne pas tuer dans l'oeuf des initiatives privées par une concurence , elle, subventionnée.

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