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Crise de la dette, l'Europe lance un SOS

Etranglée par la crise de la dette, l'Europe qui appelle au secours. Faute de trouver un accord pour s'entraider, les pays membres de l'Union se tournent vers les bonnes âmes sur le plan international.

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Reste à savoir si cet appel sera entendu. Hier, lors d'une conférence télephonique, les ministres des Finances de l'Union européenne sont allés encore plus loin que de demander au seul Fonds Monétaire International d'intervenir pour aider le Vieux continent à sortir de la crise de la dette. Ils ont appelé l'ensemble de la communauté internationale à se mobiliser, reprenant en quelque sorte à leur compte l’alerte sans cesse répétée par la directrice générale du FMI Christine LAGARDE : la zone euro qui tousse, c'est toute l'économie mondiale qui s'enrhume. Un premier pas a été franchi entre européens... les 17 pays membres de la zone euro se sont engagés a prêter au FMI 150 milliards d'euros (au lieu des 200 milliards initialement prévus) sous forme de prêts bilatéraux (l'Allemagne prêtera 41 milliards et demi, la France 31 milliards et demi... l'Italie 23 milliards et l'Espagne 15 milliards d'euros).


Mais pourquoi des pays comme l'Italie et l'Espagne, dont les finances sont exsangues, doivent-ils encore prêter de telles sommes ?*

C'est le côté ubuesque de la situation. La version officielle - que rappelait au micro de France Info hier matin la ministre du Budget Valérie PECRESSE : c'est que le rôle du FMI est justement de jouer les régulateurs et les contrôleurs. En réalité, ce montage financier complexe traduit notre incapacité à nous réformer, nous-mêmes, entre européens. Nous sommes incapables de réformer les traités nécessaires. Ces traités qui interdisent à la Banque Centrale Européenne de jouer ce rôle de prêteur et de régulateur.

Outre la BCE, ce rôle ne pourrait-il pas être tenu par le Fonds Européen de Stabilité Financière ?

Ou par le Mécanisme Européen de Stabilité, le "MES" destiné à prendre dans quelques mois le relais du FESF (pardon pour les termes barbares) ? Se pose alors un autre problème : celui de la dégradation possible du AAA de ces deux institutions. STANDARD and POOR'S a brandi cette menace la semaine dernière. Or, si ces organismes sont dégradés, leur crédibilité sera entachée sur les marchés internationaux. Face au serpent qui se mord la queue, la seule solution viable pour contourner l'obstacle est de passer par le FMI. Les européens ne sont décidément pas au bout de leurs peines, sauf un trouver le plus vite possible un remède pérenne à leurs troubles budgétaires… mais ceci est une autre histoire.

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